Synthèse des EEE

Les Entretiens Economiques des 23 et 24 novembre 2011 ont rassemblé 360 Européens pour un débat passionnant sur « Dialogue social et relations industrielles pour résoudre l’équation compétitivité/ solidarité » : Carole Ulmer en a fait une synthèse pour nous.
Voir également l'article d'Anne Macey sur le diner "La Chine et nous" du 23.

 Ouverture

Synthèse des Entretiens Economiques Européens

CaroleUlmer

« Le contexte dans lequel se déroule notre colloque est difficile, tant la fragilité monétaire et les déséquilibres économiques mettent en péril l’avenir de l’Europe », souligne Claude Fischer, présidente de Confrontations Europe, mais elle ajoute que notre ambition est à la mesure de ces immenses défis. Ce que partage Franco Bassanini, président de la fondation Astrid, dont l’implication est totale.

« Ça passe ou ça casse ; la seule solution est de se mettre au travail », ajoute Isabell Hoffmann, chef de projet à la fondation Bertelsmann. La crise a montré l’insuffisance de la stratégie antérieure de l’Union fondée essentiellement sur la liberté des échanges, l’intégration financière sur le grand marché, et la coordination des politiques nationales. L’objectif de la société de la connaissance n’a pas été atteint. Notre système financier s’est révélé instable, la dette privée a explosé et il a montré de nombreuses défaillances s’agissant du financement de l’investissement. La montée des dettes publiques est préoccupante et des déséquilibres économiques considérables se sont creusés entre les pays membres. Si les politiques de rigueur semblent nécessaires, il faut écarter la déflation et dès aujourd’hui construire la croissance de demain, faute de quoi notre économie plongera en récession. « Renouveler notre stratégie de croissance dans un nouvel équilibre entre compétitivité et solidarité doit être notre objectif commun » résume Claude Fischer.

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Synthèse des EEE2011

 

«La Chine et nous »

AnneMaceyConfrontations Europe a consacré le dîner du 23 novembre 2011 à la Chine, marquant ainsi sa volonté d’ouverture de l’UE au monde.

La Chine est un partenaire stratégique majeur de l’Union européenne : elle est le 1er fournisseur de l’UE qui est, quant à elle, son 2ème fournisseur. Les échanges ont explosé, mais l’Europe accuse un déficit commercial aggravé et si les IDE chinois progressent rapidement (+20%/an), ils restent encore faibles dans une Europe qui a besoin d’investissements, ne représentant que 2% des IDE dans le monde.

Le dîner-débat était animé par Francis Mer, ancien ministre de l’économie et des finances, président du CEFA. Il nous a invités d’emblée à nous replacer dans le temps long : « le siècle terrible pour certains est le siècle de l’émergence pour d’autres », illustrant, chiffres à l’appui, les formidables percées de la Chine dans la mondialisation. Son Excellence Serge Abou, ancien ambassadeur de l’UE en Chine, a souligné la « double fascination » que représentent « le miracle chinois » et « la capacité d’intégration européenne », même si « le modèle chinois n’est pas exempt de faiblesses » (environnement, qualité, revendications sociales…) et, que les Chinois sont « un peu moins fascinés » par l’Union européenne dans le contexte actuel de crise de l’eurozone. L’Europe reste quand même, a nuancé son Excellence Sahbi Basly, ancien ambassadeur de Tunisie en Chine, un modèle de prospérité attrayant.

Le marché chinois, quant à lui, apparaît plus difficile à pénétrer, et la Chine inquiète les Européens, rappelle Jean-Paul Tchang de WST Conseil, rédacteur en chef de « La Lettre de Chine ». L’ouverture de la Chine au monde, sa participation à la croissance mondiale, le soutien à sa demande intérieure, devraient prendre 5 à 10 ans, au vu des multiples barrières internes à lever. Beaucoup d’incertitudes demeurent sur l’avenir (nouvelle génération de dirigeants en 2012, bulle immobilière…) et « la Chine sera peut-être alors moins accommodante avec nous ».

Dans ces conditions, comment convaincre les entreprises chinoises d’investir en Europe ? De grands groupes chinois rencontrent un succès fulgurant, à l’instar de ZTE, l’un des leaders mondiaux dans le domaine des télécommunications, comme l’illustre Lu Jian, vice-président de la division Europe et Amérique du Nord. L’Europe a besoin de la Chine, et pas seulement pour financer ses dettes. Coopérations d’intérêt mutuel et nouvelles alliances : loin du « China bashing » et de la « sino-béatitude », une nouvelle phase de relations sino-européennes pourrait s’ouvrir fondée sur la nécessité d’obtenir des engagements et des résultats concrets de notre partenariat stratégique global. Son Excellence Anton Smitsendonk, ancien ambassadeur des Pays-Bas en Chine, a ainsi invité l’Europe à tenir son rang et à travailler davantage avec la Chambre de commerce de l’UE en Chine, soutenant l’idée d’une éducation sur la culture juridique de la régulation des marchés. Ce qui est sûr, c’est qu’il nous faudra développer nos échanges économiques, mais aussi culturels avec la Chine pour mieux apprendre à connaître les Chinois et apprendre d’eux.

Anne Macey, Economiste, Confrontations Europe


+d'info sur les EEE2011

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