CHRONIQUE "INVESTISSEMENT DE LONG TERME": LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°26

LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°26

 

Pour l’investissement et la croissance : passer de la parole aux actes

Cette semaine encore les idées fleurissent en faveur de l’investissement de long terme et de la croissance durable. Doublement normal en ces temps de printemps et de campagne électorale. Les idées que nous défendons progressent, mais l’action tarde. On peut certes s’en remettre à l’espérance offerte pas Hannah Arendt lorsqu’elle déclare, dans « La condition de l’homme moderne » : « les mots justes trouvés au bon moment sont de l'action ». Mais nous ne sommes pas dans le domaine des énoncés performatifs. Ces idées ont besoin d’être mises en œuvre. Quand donc les politiques se saisiront-ils de l’intelligence qui leur est offerte pour la transformer en action ?

 

20 propositions de Paris Europlace pour relancer l’investissement et la croissance

En introduction de ces « 20 propositions pour relancer le financement de l’économie et la croissance durable » [1], Gérard Mestrallet énonce clairement le sujet : « La problématique à traiter, aujourd’hui, est celle de la régulation à mettre en œuvre, au plan européen et international, pour prévenir les comportements excessifs des marchés financiers internationaux lorsqu’ils mettent en danger l’économie, tout en préservant au niveau européen, comme en France, les moyens de financer les besoins. » D’où cinq axes d’actions prioritaires :

  • Orienter l’épargne française vers l’investissement de long terme.
  • Relancer le financement des entreprises et notamment des PME.
  • Conforter, en l’adaptant, le rôle des banques dans le financement de l’économie.
  • Accélérer les développements de la Finance Durable en France et en Europe.
  • Accélérer l’action européenne et internationale.

Impossible, dans le cadre de cette chronique, d’évoquer toutes les propositions. Voici les cinq relatives au premier axe :

1.  Faire bénéficier l’épargne à risque, et notamment l’épargne investie en actions, de la «clause de l’épargne la plus favorisée fiscalement», en calibrant la fiscalité en fonction du couple «Durée/Risque».

2.  Élargir la pratique des contrats de retraite collectifs, notamment le PERCO.

3.  Consolider les encours existants de l’épargne longue, en particulier ceux de l’assurance-vie, comme de l’épargne salariale et du PEA.

4.  Garantir la stabilité fiscale et sociale pour un certain volume d’épargne de long terme.

5.  Favoriser la transformation de l’épargne en investissement de long terme en optimisant son traitement prudentiel.

L’Institut Montaigne pour le financement des entreprises et le projet européen

L’Institut Montaigne met les points sur les « i », puisque le titre exact de son dernier rapport est : « Financement des entreprises : propositions pour la présidentielle » [2]. Celles-ci, plutôt orientées vers les PME, couvrent l’ensemble du cycle de production : financement de l’activité courante ; de l’investissement productif ; du développement de long terme. Pour s’en tenir, ici, à ce dernier thème, l’Institut insiste sur la mobilisation de l’épargne des particuliers. D’abord via l’épargne salariale, en rendant obligatoire l’ajout d’un fonds FCPE dédié aux PME dans chaque PEE. Ensuite, en accroissant la « viscosité des contrats d’assurance vie » ; ceci serait obtenu, d’une part, en allongeant l’exonération fiscale de 8 à 12 ans et, d’autre part, en encadrant le droit de rachat. Enfin, en élargissant le PEA aux PME avec une détention minimale de cinq ans pour profiter de l’avantage fiscal. Dans son annexe 2, le rapport présente une « proposition de création d’un fonds de pension à la française », observant que « L’une des recommandations du rapport public thématique de la Cour des Comptes portant sur l’assurance vie est d’ailleurs d’inciter les épargnants à une détention plus longue de leur contrat » [3]. Il s’agit de « faire évoluer le contrat euro vers deux produits complémentaires, selon le libre choix des assurés :1)  Un produit de long terme, sans sortie en rente obligatoire (mais avec une rente incitée sous un mécanisme à déterminer), assortie d’une pénalité de rachat d’environ 5 % jusqu’à la date d’entrée en retraite ou la date de sortie en rente… 2) Le contrat d’assurance vie euro existant subsisterait, sans pénalité de rachat et donc avec une allocation d’actif moins risquée et une moindre performance dans la durée. »

Décidément très en verve, l’Institut Montaigne vient également de publier une note brève (8 pages) mais dense en faveur de la refondation du projet européen [4]. « Le projet européen est en passe de devenir totalement illisible... Comme pour l’économie et la finance, le court terme occulte très largement les vrais enjeux de long terme. Retrouver les fondamentaux du projet européen, le replacer dans une dynamique politique, sont des préalables nécessaires pour sortir de la crise d’identité que connaît aujourd’hui l’Union européenne. » Dans son chapitre intitulé « Retrouver le chemin de la compétitivité et de la croissance », elle affirme notamment, « Le marché intérieur est plus que jamais nécessaire, y compris dans sa dimension « services financiers »… L’intégration économique et budgétaire sera le point de passage obligé de notre future stabilité financière… La politique de concurrence doit demeurer un moyen et ne pas être érigée en fin… ». En faveur d’ « une Europe plus présente au Monde », elle souhaite « Redonner de la visibilité aux affaires européennes » et « Mettre en valeur l’Europe des droits et des libertés ». Pour mettre fin au blocage des institutions, elle prend le parti d’ « accepter momentanément une Europe à plusieurs vitesses ». Enfin, sur l’aspect financier, elle propose de « sortir de la crise financière en distinguant l’urgence du court terme et la vision du moyen et long terme ».

Pour la DARES, progression et féminisation des emplois qualifiés d’ici 2020

« La part des métiers occupés par des cadres ou des professions intermédiaires pourrait passer de 39,0 % de l’emploi total en 2010 à 40,6 % en 2020, tandis que les métiers peu qualifiés se maintiendraient à un niveau proche de 18 %. Les femmes devraient continuer à investir les métiers de cadres. Elles pourraient former 48,8 % des personnes en emploi en 2020, contre 47,5 % en 2010.  [5]» Sur la période 2010-2020, le nombre de départs en fin de carrière devrait atteindre 600 000 par an en moyenne contre un peu plus de 400 000 sur la période 1993- 2001. De fortes créations d’emplois sont attendues dans les métiers occupés par les cadres et les professions « supérieures ». « À côté de ces métiers hautement qualifiés, l’ensemble des professions de soins et d’aide aux personnes fragiles devraient également bénéficier d’une forte dynamique de l’emploi, à l’exception des médecins… » Les métiers qualifiés du bâtiment et de la logistique devraient se développer dans une perspective environnementale. Pour les vendeurs et attachés commerciaux, les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, peu de départs en fin de carrière mais des créations d’emploi supérieures à la moyenne. Des pertes d’emploi  parmi les ouvriers de l’industrie, mais moins fortes que par le passé, ainsi que parmi les employés administratifs et chez les agriculteurs. Sur les 1,5 millions d’emplois supplémentaires attendus entre 2010 et 2020, plus de 550 000 seraient des emplois de cadres, 440 000 correspondraient à des professions intermédiaires et 260 000 à des métiers d’employés peu qualifiés.

Jean-Robert Léonhard, Confrontations Europe



[1] http://www.argusdelassurance.com/mediatheque/6/7/6/000012676.pdf

[3] Voir « Le long terme au jour le jour » N° 19 du 5 février.


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