CHRONIQUE "INVESTISSEMENT DE LONG TERME": LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°29

LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°29

 

L’appel d’Agnès Bénassy-Quéré : « Au secours, notre industrie fiche le camp ! »

Agnès Bénassy-Quéré, directeur au CEPII, a lancé ce cri d’alarme jeudi matin, sur France Culture [1]. « La part de l’industrie dans l’économie a été divisée par deux en quarante ans, de 26% du PIB en 1970 à 13% aujourd’hui, alors qu’en Allemagne elle se maintient autour de 24%. » Pourquoi s’en inquiéter ? « La désindustrialisation que nous observons {ne} serait-elle {pas} un remake de ce que nos aïeux ont vécu en passant de l’agriculture à l’industrie ? » Mais la substitution des services à l’industrie pose trois problèmes :

1.  Comme les services s’échangent moins que les biens industriels entre les pays, « on réduit le potentiel d’exportation et on accroît les besoins d’importation. »

2.  « La productivité croît moins vite dans les services que dans l’industrie { : } on réduit les gains de productivité agrégés et donc les perspectives de hausse du niveau de vie. »

3.  « Lorsque vous implantez une usine dans une ville, vous créez une demande pour toute une série d’activités tertiaires... À l’inverse, si vous installez un bureau d’étude, vous créez aussi une demande, mais vous ne faites pas venir une usine. »

« Ce qu’il faut, c’est créer un environnement favorable au développement d’activités exportables et à forte valeur ajoutée, que ce soit dans l’industrie manufacturière ou dans les services, et concentrer les moyens sur les entreprises les plus prometteuses. »

Déjà, la Lettre du CEPII du 22 décembre titrait sur « Industrie ou services : le dilemme de la spécialisation européenne » [2] et concluait que prise globalement, la situation de l’UE s’avérait intermédiaire, ni aussi industrielle que le Japon, ni aussi tertiaire que les États-Unis, mais que cette position moyenne masquait de forts contrastes nationaux.

L’OCDE cherche la dose de consolidation budgétaire qui ne tuera pas le malade

« Consolidation budgétaire : quelle ampleur, quel rythme et quels moyens ? » [3] s’interroge l’OCDE dans un rapport du 12 avril. Elle préconise que « les pays ramènent leur endettement à environ 50 % du PIB au plus pour disposer d’une marge de sécurité susceptible de les protéger contre les futurs chocs négatifs. » Mais pour ce faire, les efforts à consentir se chiffrent souvent à plus de 3% du PIB et parfois beaucoup plus : « le Japon fait face à un besoin de resserrement allant jusqu’à 12 % du PIB tandis que ce besoin est chiffré à plus de 8 % pour les États-Unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande. » Comment y parvenir sans casser (complètement) la croissance ? « Étant donné le niveau actuellement élevé de la fiscalité dans beaucoup de pays de l’OCDE, qui a des effets défavorables sur les performances économiques, et les pressions qui s’exerceront à l’avenir sur les dépenses du fait du vieillissement démographique, la consolidation devrait se concentrer dans une large mesure à réduire les dépenses publiques et à s’attaquer aux facteurs qui exerceront des pressions sur ces dépenses à l’avenir ». L’OCDE identifie « des économies favorables à la croissance ou ayant peu d’effets négatifs sur l’activité économique ». Elle cite notamment les « gains d’efficience » dans la santé et l’éducation (gain potentiel de 0,5% à 4,5% du PIB). « Du côté des recettes publiques, les gouvernements devraient mettre l’accent sur la limitation des distorsions induites par l’impôt qui sont préjudiciables à la croissance, notamment en élargissant les bases d’imposition. Les gouvernements devraient par ailleurs accentuer les impôts les moins dommageables, comme ceux qui pèsent sur les biens immobiliers et les impôts correcteurs tels que les redevances de pollution. » Au total, les mesures sur les dépenses et les recettes ayant peu d’effets défavorables sur la croissance, permettraient une consolidation budgétaire de l’ordre de 7% du PIB.

L’AFIC publie Le Livre blanc du Capital Investissement

Le Livre blanc de l’Association française des investisseurs en capital (AFIC) est sous-titré : « Renforçons nos PME-ETI » [4]. Après une 1ère partie décrivant l’importance du Capital Investissement (CI) et les défis qu’il doit relever (dont Bâle III et Solvabilité II qui « laissent craindre une dangereuse évolution tant dans le financement direct des entreprises que dans l’allocation des actifs à destination du Capital Investissement »), l’AFIC présente 10 propositions :

1.  Créer un fonds de garantie mutuelle auprès duquel pourraient s’assurer les investisseurs institutionnels.

2.  Orienter l’épargne longue vers le financement des entreprises (favoriser le retour des assureurs vers le CI, mobiliser une partie des fonds de retraite et même des livrets).

3.  Financer l’innovation et les industries de demain.

4.  Soutenir les PPP  dans une perspective de long terme.

5.  Partager la création de valeur avec les salariés.

6.  Desserrer le frein à la croissance des PME.

7.  Développer les relations entre les pôles de compétitivité et le Capital Investissement.

8.  Soutenir l’innovation et les start-up.

9.  Favoriser l’émergence d’investisseurs de long terme.

10. Financer le développement d’entreprises régionales.

Le marché ISR français atteint 115 Mds € ... et la CDC publie sa Charte de l’ISR

« C’est le résultat d’une croissance spectaculaire de ce marché de +69% sur un an, en très net décalage avec la plupart des tendances affichées par l’industrie de la gestion financière. » observe l’étude de Novethic publiée le 12 avril [5]. L’encours de l’Investissement socialement responsable (ISR) est en effet passé de 68,3 à 115,3 Mds €. « L’importance des conversions est l’évolution majeure de l’année 2011. Le fait d’imposer des contraintes ISR à des fonds classiques a concerné plus de 28 milliards d’euros d’actifs. » L’encours se répartit entre investisseurs institutionnels (81,1 Mds €, soit 70%) et les investisseurs particuliers (34,1 Mds €, soit 30%) au travers de l’épargne collective et de l’épargne salariale. Plus largement, les acteurs financiers sont de plus en plus nombreux à intégrer, à un titre ou un autre, des critères d’évaluation Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). C’est ainsi que « fin 2011, 26 des 58 répondants à l’enquête ont déployé une politique d’exclusion des {mines antipersonnel et bombes à sous-munitions}  à l’ensemble de leurs actifs. », pour un total d’actifs de 3 221 Mds €.

Nicole ALIX  nous signale la publication simultanée de la  « Charte de l’investissement responsable de la Caisse des Dépôts » [6] qui décrit comment celle-ci, « en cohérence avec son identité d’investisseur de long terme, {prend} en compte {les} questions environnementales, économiques, sociales, sociétales, de gouvernance, et de management dans sa politique d’investissement ».

La formation professionnelle : clé pour l’emploi et la compétitivité

Sous ce titre, Gérard Larcher vient de remettre au Premier ministre un rapport [7] qui contient de nombreuses propositions, dont la 1ère : « Proposer systématiquement à tous les jeunes qui quittent l’école sans qualification suffisante, une voie nouvelle de réussite professionnelle, sociale et humaine ».

 

Jean-Robert Léonhard, Confrontations Europe

 


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