CHRONIQUE "INVESTISSEMENT DE LONG TERME": LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°30

LE LONG TERME, AU JOUR LE JOUR, N°30

 

Puisque c’est le FMI qui le dit !

Le FMI publie simultanément trois rapports qui convergent vers le même message, celui-là même que Confrontations Europe proclame depuis plusieurs années : « Nous ne sortirons de la crise que sur deux jambes. L’assainissement budgétaire, certes, mais aussi la relance de la croissance. » La semaine dernière c’était l’OCDE [1] ; la semaine prochaine ce sera une autre organisation ou un autre groupe d’économistes. La nature tarde à se réveiller en ce frais printemps. Les décideurs vont-ils sortir de leur hibernation ?

Les perspectives de l’économie mondiale

L’édition d’avril 2012 part du constat qu’après s’être fortement assombries en 2011, les « Perspectives de l’économie mondiale » [2] s’améliorent progressivement, mais que les risques de dégradation restent élevés. Après avoir passé en revue la situation des différentes régions du monde, le FMI observe : « À plus long terme, il faut améliorer les médiocres perspectives de croissance à moyen terme des principaux pays avancés. Les priorités les plus importantes demeurent une réforme fondamentale du secteur financier, la poursuite du rééquilibrage budgétaire, y compris une réforme ambitieuse des programmes de droits à prestation, ainsi que des réformes structurelles visant à accroître la production potentielle. » Le dernier paragraphe du résumé analytique commence par ces mots : « L’austérité à elle seule ne peut guérir le malaise économique dans les principaux pays avancés. Il faut aussi faciliter les ajustements et mieux cibler les problèmes fondamentaux — ménages en difficulté aux États-Unis et pays en difficulté dans la zone euro — en utilisant les ressources de ceux qui sont en meilleure santé. »

Puisque c’est le FMI qui nous le dit !

Rapport sur la stabilité financière dans le monde

Là encore, le FMI note des progrès [3] : diminution des écarts de taux souverains, redémarrage partiel des marchés de financement bancaire, redressement des valeurs boursières. Mais « Les tensions persistent toutefois sur les banques européennes, en raison notamment des risques souverains, de la faible croissance de la zone euro, des besoins élevés de refinancement et de la nécessité de renforcer les volants de fonds propres pour regagner la confiance des investisseurs. » Les banques européennes pourraient alléger leurs bilans de 2.000 Mds€ d’ici fin 2013, soit 7% de leurs actifs. Cette inversion du levier financier prendra sans doute la forme d’une cession de titres et d’actifs pour les ¾, mais aussi d’une réduction des crédits pour le ¼. L’impact sur l’offre de crédit est estimé à 1,7% de l’encours actuel. Et d’ajouter : « vu les conséquences que pourraient avoir des inversions de levier financier simultanées et de grande envergure, les instances de supervision doivent veiller à ce que les prix des actifs, l’offre de crédit et l’activité économique en Europe et ailleurs ne soient gravement touchés ».

Puisque c’est le FMI qui vous le dit !

Le Moniteur des  finances publiques

Ce numéro, sous-titré « Balancing Fiscal Policy Risks » [4] explore comment les gouvernements pourront remédier au ralentissement de l'activité mondiale et à la volatilité persistante des marchés financiers sans perdre de vue les besoins d'ajustement à moyen terme. «  Les pays disposant d’une marge de manœuvre budgétaire devraient fixer le rythme de leur ajustement à court terme de manière à éviter les tensions excessives sur l'activité et l'emploi. » Dans un exercice très « balancé », il souligne que « Si la croissance continuait de fléchir, les pays disposant d’une latitude budgétaire devraient laisser jouer les stabilisateurs automatiques et tolérer un creusement du déficit pour éviter une contraction budgétaire excessive pouvant aggraver la situation économique. Néanmoins, la prudence à court terme ne doit pas servir de prétexte pour freiner ou retarder l'assainissement des finances publiques à moyen terme, qui demeure une exigence fondamentale pour une croissance durable. » Le résumé analytique se conclut ainsi : « Dans ce climat d'incertitude, la politique budgétaire doit parvenir à concilier l'utilisation de l'espace budgétaire à court terme pour nourrir la fragile reprise et la reconstitution d'un espace à plus long terme en avançant dans le rééquilibrage budgétaire. »

Puisque c’est le FMI qui le leur dit !

Le Paquet emploi : « Vers une reprise génératrice d’emplois »

La communication de la Commission qui vient de paraitre [5] part d’un constat préoccupant : « La stratégie «Europe 2020» pour une croissance intelligente, durable et inclusive prévoit que 75 % des 20 à 64 ans aient un emploi d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, l’Union européenne devra compter, d’ici là, 17,6 millions d’emplois de plus qu’aujourd’hui. Or, durant la crise, le taux d’emploi a chuté à 68,9 % (troisième trimestre de 2011) et le taux de chômage dans l’Union n’est pas descendu sous les 9,5 % depuis le début de 2010; il a même atteint les 10,2 % en février 2012. » Mais, bien que l’emploi relève des États membres, « la communication actionne les leviers dont dispose l’Union en faveur d’une reprise génératrice d’emplois… ». Elle recommande la création d’emplois dans l’économie verte, les services de santé et les technologies de l’information et de la communication. Elle propose « de faire d’EURES un vaste service européen pour l’emploi conforme aux objectifs de la stratégie «Europe 2020» ». Enfin, elle souligne la nécessité d’orienter plus résolument la gouvernance de l’Union vers l’emploi et la politique sociale et propose des moyens d’associer plus étroitement les représentants des employeurs et des travailleurs à la fixation des priorités de l’Union.

Confrontations Europe organise ce 25 avril de 9H30 à 12H une réunion de présentation du Paquet emploi au Bureau de Bruxelles [6], 19-21 rue du Luxembourg.

 

Malgré la crise, l’effort de recherche ne s’est pas relâché dans les pays de l’OCDE

C’est la bonne nouvelle de l’étude du Centre d’analyse stratégique (CAS) sur « L’évolution récente des systèmes de recherche » [7]. S’il y eut une baisse dans la plupart des pays en 2008 et 2009 (pas en France), « Depuis 2010, les dépenses de R & D sont reparties à la hausse dans la plupart des pays de l’OCDE ». Et ceci aussi bien pour la recherche privée que publique. Celle-ci s’inscrit dans les tendances antérieures articulées autour des « quatre C » : « Continuité dans l’effort malgré les difficultés budgétaires (investir plus), Coordination et pilotage stratégique (investir mieux), Cohérence et mutualisation des structures (investir autrement) et Culture de l’innovation (susciter la demande pour l’innovation et promouvoir l’esprit de créativité) ». Pour l’auteur, « La France s’inscrit dans cette tendance, {mais} elle gagnerait … en améliorant l’articulation entre les différents niveaux de soutien public et en mobilisant davantage les autres politiques publiques (politique industrielle, politique de la concurrence, etc.). » et par une politique scientifique et des objectifs partagés entre universités autonomes et organismes de recherche.

Jean-Robert Léonhard, Confrontations Europe

 


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