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European
Policy Forum
9
novembre 2005
1)
Importance
politique du problème
a)
L’Union est en manque d’investissements essentiels
pour la réussite de
la Stratégie
de Lisbonne :
-
Grands réseaux transeuropéens,
-
Réseaux nationaux,
-
Equipements de services de proximité (hôpitaux,
universités, justice)…
Estimations :
plus de 600 milliards d’euros.
b)
Pourquoi cette carence ?
-
Côté autorités publiques : l’endettement et
les déficits croissants obligent à comprimer la dépense ; de
plus celle-ci est loin d’être efficace en regard des
investissements complexes concernés ; enfin la capacité
d’action des administrations locales et régionales n’est pas
acquise.
-
Côté opérateurs privés : grande insécurité
publique des PPP existants, problèmes de rentabilité de l’argent
investi, manques de garanties pour le prêteur (par exemple quand
une décision politique rompt l’équilibre du projet).
c)
Les PPP nationaux offrent des solutions mais le cadre
communautaire n’est pas favorable.
-
Plusieurs pays membres pratiquent ou envisagent les
PPP : GB (PFI), France (délégations de SP, concessions,
« nouveaux PPP »…). Espagne et Italie. Pologne et
Hongrie.
-
Ces expériences sont très hétérogènes et
utilisent des outils juridiques différents.
-
Les nouveaux pays membres sont beaucoup plus handicapés
que les anciens membres « riches », notamment en raison
de manque de financements.
-
L’application des directives « marchés
publics » en janvier 2006 va provoquer une vague de plaintes,
créer une grave insécurité juridique, et retarder une masse
d’investissements.
-
Certes les réponses au Livre vert sont partagées sur
le besoin d’un cadre communautaire (moitié pour, moitié contre).
Mais l’indécision et le statu quo alors qu’il y a urgence ne
sont pas acceptables.
2)
L’approche de
la Commission
est unilatérale et inadéquate face au besoin de PPP complexes qui
sont en fait des entreprises liant des partenaires pour une longue
durée
a)
L’approche du Livre Vert s’inscrit dans la logique
des marchés publics, alors que les PPP ne sont pas des marchés
publics (ni d’ailleurs des privatisations).
-
Son souci n°1 : le refus du favoritisme dans le
choix du partenaire. Pas de discrimination, et une saine mise en
concurrence. Souci fondé, mais solution inadéquate.
-
Elle veut imposer des appels d’offres à une entité
publique pour tout recours au privé. Cela irrite les traditions de
Régie (en Allemagne, Autriche…), heurte le principe de « libre
administration publique », et surtout est économiquement coûteux
et dissuasif. En effet : les règles de marchés publics
peuvent se concevoir pour les PPP « simples » - type délégation
de service public - , mais s’agissant de contrats complexes sur 20
ans ou plus, ou « PPP complexes », « sur mesure »,
elles sont inapplicables : On ne sait pas à
l’avance quelle est la bonne solution. L’autorité
publique (A.P.) ne peut élaborer
le cahier des charges seule, elle a besoin du partenaire. Or
la procédure du « dialogue compétitif » prévue dans
la nouvelle directive « marchés publics », ne permet
pas de le faire dans de bonnes conditions :
Duplication des négociations (qui nécessitent 6 à 18 mois) et
donc coûts et délais prohibitifs (le cahier des charges doit être
hyper-descriptif ; les équipes perdantes doivent être
fortement indemnisées).
‚
Risques de violation du secret de l’innovation (pourtant protégée
par les règles de la concurrence).
ƒ
Absence de solution au problème spécifique des aides d’Etat :
selon la jurisprudence Altmark, il faut justifier leur montant sur
toute la durée du partenariat. Or ceci est impossible en pratique.
„
Des imprévus ne seront pas inscrits dans le cahier des charges :
un candidat malheureux peut alors se plaindre de changement des règles
du jeu. Et la capacité d’innover en cours d’exploitation est
ainsi entravée.
…
Le principe de l’« investisseur avisé » ne convient
absolument pas à la situation d’autorités publiques
s’engageant dans une relation avec une entreprise pour un projet
d’intérêt général.
b)
Un cadre communautaire est donc souhaitable – ce
n’est pas simple vu l’hétérogénéité des expériences
nationales. On propose
de distinguer :
-
Les PPP où
l’Union intervient elle-même (grands réseaux, politiques de
cohésion…), où ils bénéficient de fonds et de garanties
européens. Là il faut un cadre européen.
-
Les PPP des
Etats-membres. Les règles du marché unique européen et de la
concurrence ne doivent pas compromettre l’initiative, la créativité
et l’efficacité. Cela nécessite un cadre de marché adapté, un
règlement pour les aides d’Etat (à noter que
la Commission
l’envisage déjà pour l’innovation).
c)
Encore faut-il bien clarifier le concept de PPP.
-
Le PPP est une entreprise reposant sur un contrat de
partenaires, à durée déterminée. L’efficacité dépend d’une
entente durable entre autorités publiques et opérateur privé,
avec répartition des rôles (y compris dans l’exploitation) et
mutualisation des risques, financements privés et publics,
coordination et évaluation.
-
La coopération et le regroupement l’emportent sur
la délégation au privé, car ils permettent de résoudre les problèmes
de coordination, d’externalités, et de financements.
-
Avantage de cette définition : on précise le
concept de PPP, on répond aux besoins des collectivités publiques.
-
A noter qu’une distinction trop radicale entre PPP
contractuels et PPP institutionnels répond mal à ces situations.
3)
Propositions concrètes
Autoriser d’urgence la procédure anglaise « preferred
bidder »
Le
« permis de construire » est attribué au « candidat
préféré », après appel à candidature répondant à des
critères précis. Une négociation longue s’engage. Elle peut échouer :
le candidat préféré n’est pas forcément gagnant.
‚
Elaborer un règlement Aides d’Etat-PPP
Une
infrastructure (aéroport, pont, etc…) génère des externalités
positives pour le développement. Une aide publique peut être
« non rentable » directement, mais la collectivité
publique récupérera sa mise par des recettes fiscales sur les
activités induites. Elle ne doit pas être qualifiée d’« aide »,
pourvu que l’investissement privé reste dans un « bénéfice
raisonnable ».
ƒ
Etendre l’instrument de garantie de
la BEI
Rappelons
que pour les nouveaux pays membres,
la BERD
ne prend que des risques souverains dans des conditions très précises.
Les statuts de
la BEI
ne lui permettant pas de se positionner. Elle n’a un instrument de
garantie que pour les RTE.
„
Développer une Task Froce « Capacity Building » pour
les autorités publiques.
Il
y a de très grands besoins de formation pour le montage des
contrats, l’ingénierie financière et la maîtrise du droit, etc…).
Question supplémentaire : faut-il préparer un cadre juridique
commun pour les entreprises publiques locales ?
-
Le Livre Vert n’élabore pas le principe de libre
administration communale. Il examine pour la première fois les
« PPP institutionnels » mais il oublie les PPP
territoriaux avec PME et les partenariats public-public.
-
Des conflits apparaissent dans des secteurs d’intérêt
public (comme les transports urbains).
-
L’arrêt Teckal n’est pas respecté. Par exemple
une participation privée de 5% dans une SEM fait sortir du label
« in house » et serait susceptible d’appel d’offres.
-
Cela étant, les acteurs publics et privés sont
partagés. Et l’exigence de subsidiarité très grande.
La Commission
devrait consulter sur des principes communs.
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