C O N F R O N T A T I O N S - Pour une démocratie participative européenne

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Philippe Herzog                                                                     Ecole de l’Europe de Saint-Alban

                                                                                              Samedi 26 novembre 2005.  

 

 

LA REVOLUTION DES SERVICES ET

LA PERSPECTIVE DE BIENS PUBLICS EUROPEENS

 

 

Prendre conscience des mutations dans les domaines des services : changements du monde et de la société. Un immense besoin de renouvellement des services publics. S’ils sont en danger, ce n’est pas la faute à l’Europe mais à nos manquements. L’Union peut et doit mieux faire, mais ce sont les conservatismes nationaux qui l’en empêchent. Il faut faire appel à  un nouvel esprit de responsabilité de la société civile tant pour les réformes intérieures que pour ouvrir une perspective de biens publics européens.

 

1)      La révolution des services

 

a)      Spécificité et mutations

 

La différence entre services et marchandises est niée par ceux qui veulent faire appliquer les mêmes règles du marché. Or les services incluent le facteur humain dans la prestation, donc un facteur culturel essentiel.

Révolution informationnelle. Internet est un bien public mondial : my space.

Les mutations dans l’industrie font de plus en plus appel aux services (amont – Rd, services financiers –, aval – logistique, distribution – , B to B – la part des services dans les échanges internes à l’industrie dépasse 20% et peut aller jusqu’à 50% - G-B et Pays-Bas-).

Mutations dans la société (information – mobile, fixe, poste – + éducation + santé : plus de capacités humaines. Urbanisation du salariat. Transport + distribution différents et plus de libertés comme consommateurs).

 

b)      Développement rapide

 

-         70 % de l’activité et de l’emploi (la croissance est plus rapide que celle de l’industrie).

-         Les services sont beaucoup plus orientés que l’industrie sur la demande intérieure. Ils sont donc plus « protégés » mais ça change…

Ils sont de plus en plus intensifs en connaissances et en qualifications (contrairement aux idées reçues).

-         Leur productivité croit aussi vite que celle de l’industrie dans les secteurs des services financiers et des services aux entreprises, moins vite pour ceux qui concernent les particuliers. Les USA sont très en avance pour B to B.

 

c)      Handicaps des structures publiques

 

-         Le secteur privé s’est engouffré dans la fourniture des services à débouché croissant. Le secteur public est structurellement handicapé par ses structures et statuts : il est spécialisé, non internationalisé, et à commande et organisation verticales. Autant de freins majeurs quand la demande exige imbrication industries-services et multi-modalité (+variété) pour les particuliers.

Etats en difficulté et sociétés défensives.

 

d)      Accélération du commerce des services

 

-         Les économistes du monde entier ont longtemps considéré les services comme des marchandises non-échangeables et les gouvernements ont concentré leurs stratégies d’exportation sur les biens. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que la perception change. Formation de groupes de pression au R-U (British Invisibles) et aux E.U. (Coalition of Services Industries).

-         L’échange international en 2003 : 5% contre 17% pour l’industrie. Mais désormais la croissance est au même rythme, et même plus rapide pour les services aux entreprises. Entre 1995 et 2003 : +23% par an pour l’informatique et l’information, +10% pour les assurances et les services financiers (+9% pour les services de loisirs).

-         Stratégies nationales. USA (NTIC et propriété intellectuelle). G-B (services financiers et assurances). Inde et Chine…

-         Accord de l’AGCS en 1995 : il permet d’analyser le commerce des services en tant que tel : définition + classification, 4 modes, différents types d’obligations. Méthode spécifique des listes positives et des restrictions choisies.

 

 

2)      Les services publics entre innovation et sclérose

 

a)      Les services publics sont une composante du modèle social européen.

 

-         Définition générale : l’apport de la théorie économique, pas d’exclusion, pas de rivalité, rendements croissants. Mais ces caractéristiques changent. Les services publics sont des services jugés essentiels : exigence d’accessibilité.

-         Le modèle européen se décline au pluriel. Exemples. Le régime français n’est pas un modèle universel.

Une très grande ignorance de la diversité, source de graves désaccords.

 

b)      Les alibis de la non-réforme et les conservatismes mettent en dangers les services publics.

 

-         Les fausses accusations de l’Europe (ex : rail, poste, logement social, eau…).

-         Les facteurs de la sous-efficacité : SNCM, SNCF, Education…

-         C’est aussi l’équité qui est en échec.

-         Nous ne savons plus ce qu’est le service public quand nous le confondons avec les statuts.  Refus d’évaluation.

-         Comment sauvegarder / développer l’industrie si l’on n’assume pas là aussi de nouveaux devoirs ? La Rd , hier : ingénieurs d’Etat… aujourd’hui… La formation professionnelle. Le fret.   

 

c)      Le marché a pris l’initiative mais certains Etats ont entrepris la réforme.

 

-         Le marché apporte innovation et compétition, il n’assume pas la cohésion et la solidarité (discrimination) ni les investissements lourds et à long terme.

-         Ne pas caricaturer l’expérience anglaise de libéralisation + nouvelles régulations + compétition adaptée (ex. santé) + investissements publics massifs.

-         Terribles résistances en France et en Allemagne // privatisations et entrée de nouveaux compétiteurs.

-         Les PECOs se tournent vers les IDE pour les réseaux et même les services sociaux, non sans difficultés, et cherchent les bonnes solutions pour la gestion publique.

 

d)      Corrosion du domaine public par le marché.

 

-         Crise des finances publiques comme facteur essentiel d’ouverture du capital ; opportunités nouvelles avec les marchés financiers… mais cela exige des changements des statuts de rentabilité.

-         Barrières nationales multiples que la fabrication d’un marché met en cause. Règles de « level playing field ». Ciblage des opérateurs historiques par la politique de concurrence. Ex : Edf, France Telecom. Mise en cause des péréquations internes.

-         Deux cultures : administration publique ou délégation de service public. Développement des partenariats public-privé.

-         Le problème crucial des critères de productivité, de qualité et d’efficacité socilae et l’incompatibilité avec les critères des investisseurs financiers.  

 

3)      L’Union n’a pas encore de mandat pour un cadre communautaire

 

a)      Le cadre du droit

 

Traité de Rome :

-         séparation des compétences

-         pas de définition ni de principes communs

-         distinction SIG / SIEG

-         qualification des entreprises

Tout ceci est largement inadéquat.

L’échec du projet de Constitution ne va pas aider à la clarification !

 

  • La coexistence SIG nationaux – marché commun n’a pas posé de problèmes. Le choix du Marché Unique change la donne. Il est justifié par les nouvelles conditions de croissance et de solidarité. Mais on n’en a pas mesuré les implications.

 

  • Approche Delors prudente : secteur par secteur avec une certaine harmonisation avant ouverture. En pratique, trois types de secteurs : les SIG « non économiques » / les industries de réseaux de SIEG ont fait l’objet de directives sectorielles de libéralisation contrôlée (on a commencé par l’ouverture des réseaux aux tiers et la séparation du régulateur et du producteur) ; les autres obéissent à des règles générales de marché mais sans obligation d’ouverture. La tentation « tout hors concurrence » est totalement irréaliste et non souhaitable.

 

b)      Un marché inachevé

 

  • Pas de raz de marée ! Transport aérien, Services financiers, Télécommunications : c’est engagé mais…

Energie et Transports par rail : faible concurrence transfrontières.

Eau, Santé, Banque de détail : en débat.

Les réglementations nationales demeurent considérables.

 

  • Les résultats de la « libéralisation » sont en débat (manque d’analyses sérieuses). L’étude de Riccardo Faini indique : innovation et qualité + productivité accrue avec baisses d’emplois ; pas de baisses de prix significatives. Les asymétries d’informations. Situations de sur ou de sous-investissement. Pas d’érosion significative des OSP.

 

  • L’Union met les Etats en tension : obligation de réforme (fin des monopoles nationaux – sans imposer la privatisation). Tension positive, mais… l’on refuse encore une vision commune des SIG à violents conflits d’intérêts. Discussion des notions de SIG qui apparaissent dans le droit européen :  « service universel », sécurité d’approvisionnement… Différents types d’OSP.

 

  • Découverte et discussion de l’enjeu de la « régulation ». Contradictions pour la problématique du marché intérieur et à la politique de la concurrence (cf. qui régule). Exemples :

Pratique et effets de l’ « unbundling » (coûts des coordinations). Problème des péréquations et contrôle des aides d’Etat. Coûts de la cohésion (aménagement du territoire). Transparence et évaluation.

 

 

c)      L’action par le droit et au-delà.

 

  • L’action sociale et civique a marqué des points : Livre Vert, Rapport Herzog.        L’objectif de directive-cadre s’éloigne, sa substance n’était pas clairement admise. Mais l’action ne fait que commencer.

 

  • Le projet de directive Services percute ces efforts. Le conflit sur le PPO et sa signification. Exemptions pour les SIG-SIEG.

  • Une approche plus positive du local, des SSIG et du financement. Fonds de service universel ? L’arrêt Altmark sur les aides d’Etat. Mais ceci reste défensif. 

 

4)      L’action extérieure de l’Union manque de cohérence

 

a)      La libéralisation du commerce des services est beaucoup plus complexe que celle des marchandises… parce qu’ils font de l’objet de cadres publics nationaux normatifs et de régulation, et aussi en raison de la complexité des modes de prestation.

 

-         Les prérogatives étatiques de contrôle (propriété, circulation des personnes) sont mises en cause ou réduites. Le premier accord-cadre à l’OMC vise un « level playing field » (principe de non discrimination pour les investisseurs). Il préserve les prérogatives des Etats-membres de décider ou non l’ouverture et de préserver ses choix de SP avec les restrictions voulues.

-         Toutes les restrictions sont désormais visibles et potentiellement soumises à négociation. L’AGCS n’est pas un accord de libéralisation (donc bien distinguer du marché unique), il prépare le terrain en ce sens, mais la négociation en cours est en panne.

 

b)      L’U.E. doit gérer la contradiction entre ses intérêts commerciaux offensifs et défensifs

 

-         Gros potentiels de l’Europe pour la compétition : NTIC, services financiers, distribution, traitement des eaux…

L’UE considère avoir des intérêts offensifs quand la libéralisation est déjà avancée en interne, mais n’a pas une stratégie économique globale.

 

-         En sens inverse, l’extérieur fait pression pour que l’UE libéralise. Cf. les priorités US : telecom ; culture ; services financiers. Postes, éducation.

Jusqu’à présent l’UE a fait jouer les restrictions pour les SIEG et elle n’a pas ouvert des secteurs essentiels, mais elle a ouvert les services financiers et les télécommunications. Elle ne pourra durablement vouloir accéder au marché des autres et se protéger.

 

-         Dans le Doha round, réticences confirmées des pays en voie de développement.

 

-         En fait le GATS pénètre dans les choix de régulation intérieurs.

Les restrictions sont considérées unilatéralement comme des obstacles à l’échange.

Il comporte un effet de cliquet quand l’ouverture a été choisie. On y discute du bien fondé des aides publiques.

 

c)      Il faut élaborer un concept et une politique de l’U.E. pour une gouvernance internationale en matière de biens publics.

 

-         Reconnaissance des SIG ? Une Charte des services essentiels a été présentée par la France à Johannesburg (2002).

-         Relancer les options d’une négociation des investissements et d’une négociation sur la mobilité des personnes à l’OMC ?

-         Besoin d’un cadre pour les IDE et les PPP + capacity building, plus des fonds de garantie : reconcevoir l’aide. Où ?? L’OMC n’est pas mandatée pour cela. Autres lieux + cohérence du droit.

 

5)      Une perspective de biens publics européens

 

A – Etudes de cas

 

a)      Energie durable

 

·        Le Livre vert 2000 sur la sécurité d’approvisionnement avait souligné la dépendance excessive et croissante de l’Europe. Depuis : contexte de hausse de prix du pétrole et du gaz. Accord de Kyoto et débuts de traitement du CO2. Tensions et sous-investissements dans le secteur électrique.

 

·        Exigence d’un mix-énergétique et de convergence des politiques nationales. La place du nucléaire. Des questions d’intérêt général : Rd, sûreté, déchets, énergies renouvelables.

 

·        Les directives sectorielles se heurtent à de gros problèmes de transposition, or elles sont déjà insuffisantes. Vers des marchés régionaux (renoncement – provisoire ? – au  marché unique) avec des oligopoles. Sans les avantages de prix escomptés et avec des problèmes de sécurité d’approvisionnement accrus.

 

·        Reconnaissance du caractère de monopole des réseaux de transport d’électricité et gaz avec perspective d’OSP à ce niveau pour assurer des capacités de réserves.

Reste le problème de la régulation des marchés, avec les risques de volatilité et d’accessibilité. Très grandes différences nationales, refus d’établir un régulateur européen, et divisions sur l’interconnexion.

 

b)      Transport durable

 

·        Le nouveau défi de la logistique pour l’organisation de la production et de la distribution. Juste à temps et grande distribution. Le mode de transport principal est la route. Exigence de modes de transport alternatifs.

 

·        La politique des transports de la Commission vise à redynamiser les chemins de fer et d’autres modes de substitution à la route. Libéralisation du fret : il régresse, alors que le volume de transport s’est accru de 30% en dix ans. Accroître sa compétitivité mais il faut un réseau de dimension européenne. Grands réseaux. Rééquilibrage des charges (eurovignette). Manque de financement. Création d’une agence exécutive qui gèrera un budget que la Commission veut multiplier par 4 (rappel : 30 projets prioritaires = 225 milliards d’euros).

 

·        Echec des tentatives de libéralisation des transports urbains et régionaux, mais pressions récurrentes : toujours appels d’offres et marchés publics. Tendances contradictoires : droit à l’autoproduction, attribution directe, bonne interprétation d’Altmark.

Mais SNCF… dernier pré-carré des résistances nationales !

 

c)      Information

 

·        NTIC → nouvelle économie et société de l’information.

La première vague a commencé à restructurer l’économie (finances, commerce), le deuxième doit étendre la restructuration à d’autres secteurs.

 

·        Questions stratégiques. Espace unique d’information ; nouveau modèle social ou pas ? Industrie européenne ou pas ?

-         La question du pouvoir symbolique.

-         Projets industriels structurants : échecs et réussites. TVHD, GSM, Galileo…

 

à Nouveaux biens publics. Internet et sa régulation. Logiciels et brevetabilité. Mais comment réguler quand convergence technologique et imbrication contenus / contenants.

 

d)      L’enseignement supérieur

 

·        Domaine national, mais la globalisation est là aussi. Ouverture des campus. Efforts pour faire de l’enseignement supérieur une industrie d’exportation. L’Etat manque d’argent + conservatisme académique. Apparition d’une super ligue d’Universités. La Chine se pointe. Hausse des prix et éviction aux USA. Brain drain.

 

·        Besoin d’un cadre communautaire et d’universités européennes. Lisbonne pose de bonnes questions : gestion des mobilités, formation tout au long de la vie ; économie de la connaissance (mutation Universités-entreprises et réseaux d’excellence). L’expérience anglaise de marché contrôlé (cf. fees + crédits…) → dualisme accru. Suède.

Bonnes initiatives : Erasmus, Déclaration de Bologne (1999) pour la comparaison et la transférabilité. Mais c’est bien trop peu.

 

e)      Santé et services sociaux

 

·        La réflexion en cours sur les SSIG :

 

-         La distinction SIG-SIEG est fallacieuse.

-         Le principe de neutralité ne tient pas face à des situations où l’on ne peut dissocier la mission et le mode (participation, solidarité). Or il y a concurrence et des conflits croissants entre entreprises et associations. 

-         Pour les Traités, quand l’Etat définit des missions de SP, il peut déroger aux règles marchandes. Mais les conventions de la société civile sont libres : par exemple, l’Etat allemand n’a pas le droit d’intervenir dans le champ des SSIG liés aux Eglises. Il faut donc leur offrir des garanties.

 

  • Les secteurs de la santé et notamment des soins relèvent d’un ordre public national. Les services ne sont pas soumis aux règles classiques de marché et de la concurrence. Ils sont peu ouverts. Par contre, l’industrie des produits de santé est très internationalisée.

 

  • D’immenses enjeux d’économie et de modèle social.

 

-         Vieillissement, dépendance, pandémies.

Nouvelles technologies, bio-éthique. Bien entendu questions d’échelle mondiale (cf. pandémies et pays en développement).

-         Pas de corrélation évidente entre niveau des dépenses et efficacité, pas de critères d’évaluation solides (peu de mesure des résultats des soins).

N.B. : 5% des malades font 60% des dépenses (maladies chroniques et personnes âgées). Et poids prépondérant des conditions générales de la santé publique.

-         Chaque régime social national doit impérativement évoluer.

Quel welfare ? Plus universaliste, moins consumériste (nouvelles solidarités), moins coûteux (pas de modèle français !). Exemple canicule : France/Suisse.

 

 

-         On cherche la « bonne » organisation pour l’efficacité. Le débat sur le rôle des régimes complémentaires et de mutuelles s’introduit ici. Les cas anglais et belges sont intéressants, la répartition des rôles en France très discutable. Voir aussi la critique OCDE de l’assurance maladie privée (pas d’organisation collective et segmentation).

 

  • Le problème économique mérite beaucoup plus d’attention aussi : rôle du secteur santé dans la croissance sachant notamment l’immense part de Rd. Un point fort des USA (mais dans un cadre inacceptable de propriété-monopole) ; faible ici (carence de synergie et de politique commune).

 

  • La santé dans les politiques de l’UE

 

-         C’est un droit fondamental. Et le droit HSCT est important. Mais il n’y a pas de compétence partagée alors qu’il y a besoin d’un cadre communautaire. La compétence réservée aux Etats membres explique que la santé ne puisse être appréhendée que sous l’angle Liberté de circulation (comparer à la culture).

-         Démarrage d’une MOC. Faiblesse des programmes communs (600 millions d’euros pour 2003-2009).

-         Débat à propos de la directive Services. Autorisations et prestations : percussion du contrôle national.

-         Apports possibles d’un marché européen et de biens publics pour la santé ? Solidarités de fait qui appellent régulation.

 

Mobilité des personnes (elle commence à être organisée : cf. off-shoring en Hongrie) et mobilité des médecins + infirmières.

Prendre positivement comme facteur d’efficacité et d’innovation (cf. pôles de spécialité et réseaux d’excellence d’une part, implication des patients et solidarités actives d’autre part). Comment réguler ? Coopérations : jumelages !!

 

Services sociaux et dépendance vieillesse. Potentiels de la société civile active (jumelages, coopérations).

 

ƒ Industrie des produits de santé appelle marché unique. Mais unifier alors : Rd + propriété intellectuelle.

 

f)       Services publics locaux et territoires ruraux

 

  • L’UE ne menace directement pas les SP locaux,  seulement les SP nationaux (donc aussi les établissements déconcentrés).

Le droit « protège » l’administration locale et régionale.  Mais ce n’est pas une solution à leurs problèmes ! La délégation au privé et l’ouverture transfrontières sont facteurs d’innovation. Encore faut-il que l’Etat puisse assurer la péréquation et la solidarité.

 

  • Evolutions en France

 

-         La France a cherché à faire un nouveau pas vers la décentralisation mais elle est en échec. Duplication de niveaux et d’administrations (cf. intercommunalité). Elle cherche une stratégie pour le renouvellement des SP locaux.

 

-         La Conférence des SP en milieu rural permet de s’attaquer aux bonnes questions (missions, organisation, financement) dans un large champ de services au public.

La loi sur le développement des territoires ruraux confie à la commune la possibilité de recourir à une association.

Maisons de SP (guichets uniques). Mais ça suppose information,  expertise, ce qui pourrait incomber à un Régulateur.

 

-         Conventions entre Autorités publiques locales et grands opérateurs.

Après 25 ans d’effort les conventions Régions-SNCF permettent d’améliorer la qualité et l’efficacité du service, mais…

La Poste , entreprise plongée de fait dans la concurrence et dont le marché lettres est déclinant, a réussi à dialoguer avec les CL et un cadre conventionnel s’est créé. Le Fonds national postal ne jouera pas le rôle d’un fonds de service universel (à bâtir), mais il visera l’aménagement du territoire.

Interrogation sur le rôle des collectivités (consommateurs éligibles) pour l’électricité ; quels choix d’OSP pour la distribution ?

 

  • Un rôle pour l’Union : l’objectif de cohésion !

 

-         L’Union n’impose pas la décentralisation mais elle a eu un bon impact indirect. L’affirmation du rôle des Régions et Communes exige un progrès de la culture des coopérations et des réseaux, et doit conduire à des transformations de l’architecture de l’Etat national.

N. B. : PECOs : Métropoles et abandons.

 

-         Problème crucial de participation aux grands réseaux (ex. Rd) et d’irrigation par de grands réseaux (ex. gaz, transports).

 

-         SIG et fonds structurels : une question à clarifier. La réforme des fonds inclut un risque de re-nationalisation (fin du zonage et des P.I.C., stratégies nationales) alors que la mise en œuvre des objectifs de Lisbonne implique une participation décentralisée. On peut avoir des fonds structurels pour des SIG dans l’objectif 2 (prévue pour l’instant seulement pour les transports et télécoms : il faut élargir le champ). Lien entre la question du service universel et celle des fonds : veiller au financement par les opérateurs et ne pas tout renvoyer au financement public. Lien entre fonds et PPP : ça marche au R.-U., Allemagne, Pologne… Pour l’objectif 3 : trop peu de ressources mais de gros problèmes pour les SIG transfrontaliers à cause des prérogatives des institutions.

 

-         Tout ceci exige une « capacity building », or il y a de grandes inégalités entre les communes et régions.

 

g)      Le PASF

 

Question stratégique ici très sommairement esquissée.

 

  • Secteur essentiel dans la globalisation. Bâtir l’industrie financière exige des investissements massifs (NTIC), des consolidations bancaires, la création et la formation de nouveaux acteurs. Domination US + GB. Financement de l’innovation et baisse du coût du capital, répartition nouvelle des risques. Mais le marché n’assume pas le développement régional et les PME. Et l’instabilité et les bulles appellent une nouvelle politique monétaire.

 

  • PASF avec procédure Lamfalussy. Avancées et difficultés. City centrale.

N. B. : l’application du PPO est ici exceptionnelle.

 

  • Enjeux actuels :

-         City ou multipolarité ?

-         Bâle II et normes comptables : la relation euro-atlantique.

Formation des biens publics (clearing et settlement) et service universel (banque de détail).

-         Régulation et surveillance.

-         La politique monétaire, les prix des actifs et le crédit.  

 

 

B – Enseignements généraux

 

1)      Une nouvelle culture de développement et de solidarité.

2)      La nouvelle responsabilité des collectivités territoriales.

3)      La nouvelle responsabilité de l’Union.

4)      La nouvelle culture de gestion publique : l’Etat-garant ne signifie pas la déresponsabilisation de la société, tout au contraire.

5)      Les syndicats face au devoir de co-gestion.

 

En sommes-nous capables ? C’est une « grande transformation » !

 

 

 

 

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