|
Compte-rendu de
l’audition
De Monsieur
Philippe Herzog, Président de Confrontations Europe
le vendredi 23
juin 2006
Arrêt
Altmark et paquet Monti
L'arrêt
Altmark
Cet
arrêt rendu par
la CJCE
le 24 juillet 2003, exclut du champ des aides d'État les
compensations de service public si elles respectent les quatre
conditions suivantes :
-
l'entreprise
bénéficiaire doit avoir effectivement été chargée de l'exécution
d'obligations de service public clairement définies,
-
cette
compensation doit être calculée sur des paramètres
objectifs et transparents,
-
cette
compensation ne doit pas dépasser ce qui est nécessaire pour
couvrir les coûts occasionnés par l'accomplissement des
obligations de service public, en incluant un « bénéfice
raisonnable »,
-
s'il
n'y a pas eu de marché public, le niveau de la compensation
doit être calculé sur la base d'une analyse des coûts en
prenant comme référence une « entreprise moyenne, bien
gérée et adéquatement équipée ».
Le
« paquet Monti »
L'arrêt Altmark,
s'il constituait un progrès, ne permettait toutefois pas de décider
dans tous les cas de la qualification ou non d'aide d'État
pour une compensation donnée de service public et donc pour déterminer
si
la Commission
devait intervenir. Les critères de « bénéfice
raisonnable » et « d'entreprise moyenne, bien gérée
et adéquatement équipée » sont en particulier assez
difficiles à évaluer en pratique.
C'est
pourquoi
la Commission
a adopté le 13 juillet 2005 un ensemble de trois textes, dit
« paquet Monti », qui encadrent le régime des
aides d'État en distinguant trois catégories de
compensations de service public :
-
celles
qui respectent les quatre conditions de l'arrêt Altmark :
elles ne constituent pas des aides d'État. Toutefois une
entreprise doit tenir des comptes séparés pour ses activités
réalisées dans le cadre d'une mission de service public qui
lui a été confiée et ses autres activités situées dans le
cadre concurrentiel normal. Ceci facilitera le contrôle du
financement de ces activités.
-
celles
qui constituent des aides d'État mais sont présumées
compatibles avec le marché intérieur, dans le cadre de
l'article 86, paragraphe 2, du traité. C'est le point le plus
novateur du paquet Monti. Cela concerne en particulier les
compensations de moins de 30 millions d'euros octroyées à
une entreprise dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 100
millions d'euros. Certains secteurs, comme les hôpitaux, les
entreprises de logement social, de transport vers des îles
sont également exclus du champ des aides soumises à
notification préalable. Des contrôles a posteriori restent
toutefois possibles.
-
celles
qui constituent des aides d'État et restent soumises à
l'obligation de notification préalable. Il s'agit d'aides de
montant important ou attribuées à des grandes entreprises.
Ces aides doivent être notifiées à
la Commission
, qui peut décider de les accepter ou de les rejeter.
 |