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PARLEMENT EUROPÉEN

1999

2004

Document de séance

FINAL

A5-0230/2002

13 juin 2002

RAPPORT

sur le commerce et le développement sous l'angle de l'éradication de la pauvreté et de la sécurité alimentaire

(2001/2175(INI))

Commission du développement et de la coopération

Rapporteur: Nirj Deva


SOMMAIRE

Page

PAGE RÉGLEMENTAIRE............................................................................................... 4

PROPOSITION DE RÉSOLUTION................................................................................ 5

EXPOSÉ DES MOTIFS................................................................................................. 19

AVIS DE LA COMMISSION DE L'INDUSTRIE, DU COMMERCE EXTÉRIEUR,

DE LA RECHERCHE ET DE L'ÉNERGIE..................................................................... 25


PAGE RÉGLEMENTAIRE

Au cours de la séance du15 novembre 2001, la Présidente du Parlement a annoncé que la commission du développement et de la coopération avait été autorisée à élaborer un rapport d'initiative, conformément à l'article 163 du règlement, sur le commerce et le développement sous l'angle de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté.

Au cours de sa réunion du 13 septembre 2001, la commission du développement et de la coopération avait nommé Nirj Deva rapporteur.

Au cours de ses réunions des 20 novembre et 18 décembre 2001 et 17 avril, 27 mai et 11 juin 2002, la commission a examiné le projet de rapport.

Au cours de la dernière de ces réunions, elle a adopté la proposition de résolution à l'unanimité et 5 abstentions.

Étaient présents au moment du vote Joaquim Miranda (président), Margrietus J. van den Berg, Marieke Sanders-ten Holte et Anders Wijkman (vice-présidents), Nirj Deva (rapporteur), Richard A. Balfe, Yasmine Boudjenah, John Bowis, John Alexander Corrie, Fernando Fernández Martín, Colette Flesch, Vitaliano Gemelli, Richard Howitt, Karin Junker, Bashir Khanbhai (suppléant Luigi Cesaro), Glenys Kinnock, Karsten Knolle, Paul A.A.J.G. Lannoye, Miguel Angel Martínez Martínez, Hans Modrow, Ulla Margrethe Sandbæk, Inger Schörling (suppléant Didier Rod), Maj Britt Theorin et Jürgen Zimmerling.

L'avis de la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie est joint au présent rapport

Le rapport a été déposé le 13 juin 2002.

Le délai de dépôt des amendements sera indiqué dans le projet d'ordre du jour de la période de session au cours de laquelle le rapport sera examiné.


PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Résolution du Parlement européen sur le commerce et le développement sous l'angle de l'éradication de la pauvreté et de la sécurité alimentaire (012175(INI))

Le Parlement européen,

     rappelant ses résolutions du 11 avril 1997 sur les efforts d'intégration économique régionale entre pays en développement[1], du 4 mai 1999 sur les relations commerciales multilatérales: l'Union européenne et les pays en développement partenaires de l'Union européenne[2] et du 25 octobre 2001 sur l'ouverture et la démocratie dans les échanges internationaux[3],

     rappelant les résolutions de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP‑UE du 1er novembre 2001 sur les négociations de l'OMC[4] et du 21 mars 2002 sur les négociations entre les pays ACP et l'UE sur le commerce, les règles d'origine et les mesures sanitaires et phytosanitaires[5], ainsi que sa déclaration du 21 mars 2002 sur les futures négociations ACP‑UE en vue de nouvelles conventions commerciales[6],

-     vu le rapport des Nations unies sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement, qui a été présenté en mars 2002 devant la Commission des droits de l'homme des Nations unies par le rapporteur spécial des Nations unies,

-     vu lengagement, lors du Sommet mondial de lalimentation de 1996 à Rome, de garantir l'accès de toutes les personnes à une nourriture suffisante et de qualité, et de réduire de moitié, dici 2015, le nombre de personnes souffrant de la faim,

-     vu les motions adoptées par l'assemblée du "Jubilé des politiciens et des gouvernants" à Rome en novembre 2000,

     rappelant l'objectif, déjà ancien, des Nations unies de consacrer 0,7% du PNB à l'aide officielle au développement (AOD), comme le recommandait la résolution des Nations unies de 1974 sur le Nouvel ordre économique international,

     rappelant les engagements de l'Union européenne aux Conseils européens de Göteborg (juin 2001) et de Laeken (décembre 2001) pour atteindre cet objectif, et l'accord passé entre les États membres (mars 2002) pour affecter en moyenne 0,39% de leur PNB à l'AOD d'ici 2006, première étape concrète pour atteindre cet objectif,

     rappelant la Convention sur la lutte contre la corruption de fonctionnaires étrangers dans les transactions d'affaires internationales, signée le 17 décembre 1997 par 30 États membres de l'OCDE, ainsi que l'Argentine, le Brésil, la Bulgarie et le Chili, convention entrée en vigueur le 15 février 1999,

     vu le Paquet global des Nations unies, lancé en 1999, au Forum économique mondial de Davos par M. Kofi Annan, invitant les STN (sociétés transnationales) à observer les 9 principes de bonne citoyenneté des sociétés en matière de droits de l'homme, de normes de travail et de défense de l'environnement,

     vu les orientations de l'OCDE pour les entreprises multinationales, arrêtées le 27 juin 2000 par les gouvernements des 30 pays membres de l'OCDE ainsi que par l'Argentine, le Brésil et le Chili, qui contiennent un corpus solide de recommandations pour un comportement responsable des sociétés dans le monde entier, ainsi que la résolution du Parlement du 15 janvier 1999 sur les normes communautaires applicables aux sociétés européennes opérant dans les pays en développement, en attendant l'adoption d'un code de conduite européen,

     vu l'article 177 du traité instituant la Communauté européenne, ainsi que la déclaration commune du Conseil et de la Commission sur la politique de développement de la Communauté européenne, adoptée le 10 novembre 2000, et la résolution du Parlement du 1er mars 2001[7] sur le même thème, qui reconnaissent le lien étroit entre le commerce et le développement,

     vu l'accord de partenariat ACP-UE signé le 13 juin 2000 à Cotonou, et en particulier le Titre II sur la coopération économique et commerciale, ainsi que les prochaines négociations sur les accords de partenariat économique régionaux dans le cadre de l'accord de Cotonou, qui devraient débuter le 27 septembre 2002,

     vu les orientations CAD sur le renforcement de la capacité commerciale pour le développement (CAD: Comité de l'aide au développement de l'OCDE, 2001),

     vu le programme d'action en faveur des pays les moins développés (PMD) pour la décennie 2001‑2010, arrêté le 20 mai 2001 à Bruxelles par la Troisième Conférence des Nations unies sur les PMD, et notamment l'engagement n° 5 qui souligne le rôle du commerce dans le développement,

     vu le nouveau système de préférences tarifaires généralisées (PTG) de l'UE pour la période du 2 janvier 2002 au 31 décembre 2004[8],

     vu les conclusions établies le 14 novembre 2001 par les 142 membres de l'OMC réunis à Doha, visant à lancer un nouveau cycle de l'OMC ‑ l'Agenda de Doha pour le développement - qui prévoit à la fois une libéralisation accrue des échanges et un nouveau processus d'élaboration de la réglementation, étayé par des engagements à renforcer sensiblement l'aide technique liée au commerce et le développement des capacités dans les pays en développement,

     vu le Fonds global d'affectation spéciale de l'Agenda de Doha pour le développement (OMC), dans lequel la contribution de l'UE représente près de 60% (plus de 9,4 millions d'euros) de l'enveloppe totale prévue pour 2002,

     vu les consultations écrites du rapporteur à l'adresse de tous les gouvernements des pays en développement concernant leurs attentes à l'égard du cycle du millénaire de l'OMC (PE 286.829),

-     vu l'article 163 de son règlement,

-     vu le rapport de la commission du développement et de la coopération et l'avis de la commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie (A5‑0230/2002),

A.     <Considerant>considérant que la mondialisation est un processus permanent et irrépressible, qui offre des opportunités et des défis, mais présente aussi le risque d'une marginalisation de certains pays, notamment les plus pauvres, ainsi que des catégories sociales les plus vulnérables de ces pays, en particulier lorsque les écarts de revenus entre les pays, et à l'intérieur de ces derniers, demeurent importants et que de plus en plus de personnes vivent dans la pauvreté,

B.     considérant qu'aucun pays ne s'est développé avec succès en tournant le dos aux échanges internationaux et aux flux de capitaux à long terme, mais qu'il est également exact qu'aucun pays ne s'est développé en s'ouvrant simplement au commerce et à l'investissement étranger, sans protéger les secteurs vulnérables de son économie; les cas de pays ayant réussi combinent les opportunités offertes par les marchés mondiaux et une stratégie nationale d'investissement et de développement institutionnel propre à stimuler, dans le pays, l'esprit d'entreprise,

C.     rappelant que la clé d'un modèle réussi de développement, en particulier en extrême Orient, est une stratégie cohérente consistant à augmenter les chances de l'investissement privé par un éventail de politiques faisant appel aux bonifications de crédits, à l'octroi de crédits aux grands groupes industriels et commerciaux, à des taux d'intérêts réels négatifs, à des incitations fiscales, à des politiques de formation et d'éducation, à la création d'entreprises publiques, à des stimulants aux exportations, à l'accès en franchise aux moyens de production et aux biens d'équipements et à une véritable coordination gouvernementale des plans d'investissement,

D.     soulignant qu'aujourd'hui, les pays riches n'ont connu la croissance économique qu'à l'abri de barrières protectrices, que ce n'est qu'une fois leurs capacités et leurs infrastructures développées qu'ils ont abaissé leurs barrières commerciales et que l'absence d'un rapport positif affirmé entre des politiques commerciales ouvertes et la croissance économique pourrait surprendre, compte tenu de la thèse répandue selon laquelle la libéralisation des échanges favoriserait la croissance,

E.      constatant que les économies de marché reposent sur un large éventail d'institutions hors marché, remplissant des fonctions régulatrices, stabilisatrices et légitimantes, et que la qualité des institutions publiques d'un pays, la lutte contre la corruption et une réglementation de qualité jouent un rôle déterminant dans le développement à long terme d'un pays,

F.      considérant que le Fonds global d'affectation spécial pour le Programme de Doha pour le développement (OMC) est un instrument central destiné à financer l'assistance technique liée au commerce ainsi que le renforcement des capacités, en vue d'aider les pays à participer aux négociations commerciales au sein de l'OMC, à mettre en œuvre les résultats de celles-ci et à réaliser leur potentiel à créer de la richesse au bénéfice de leur population; considérant que l'Union européenne et les États membres se sont engagés à porter leur contribution au Fonds à hauteur de quelque 14 millions d'euros, soit 63 % de l'enveloppe totale prévue pour 2002,

G.     considérant que la mise en cohérence des ces trois politiques communautaires agricole, commerciale et de coopération au développement est un préalable indispensable à lefficacité de chacune et qu'elle doit être guidée par l'objectif ultime de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté;

H.     considérant que la Commission a demandé au Conseil de l'autoriser à négocier des accords de partenariat économique avec les pays et les régions ACP; considérant qu'une telle recommandation de décision du Conseil fera l'objet d'une résolution et d'un rapport de la commission du développement et de la coopération,

I.        considérant que, très souvent, le commerce mondial illicite de ressources naturelles telles que les diamants, le vanadium, le cobalt, le titane, le gaz, le pétrole, le bois d'œuvre et l'or, alimente la corruption, porte préjudice à l'État de droit, encourage une exploitation non durable de l'environnement, prolonge les conflits et prive les citoyens de ressources financières indispensables au développement,

J.       regrettant que le commerce illicite prolonge et entretienne ces conflits, et que les produits de ces échanges illicites soient destinés, en dernier ressort, aux consommateurs de l'Union européenne et des États unis, ce qui implique une responsabilité particulière de ces pays en ce qui concerne le contrôle de ces trafics et de ces entreprises multinationales,

K.    notant le rôle dominant des sociétés transnationales (STN) dans les échanges multilatéraux (elles représentent 70% de l'activité commerciale mondiale) et que les 200 premières STN mondiales réalisent à elles seules un chiffre d'affaires combiné supérieur à celui du quart de l'économie mondiale, soit 28,3% du PNB mondial, et regrettant que les décideurs politiques n'aient pas conscience du rôle décisif qu'elles pourraient jouer,

L.      soulignant le rôle primordial joué par les femmes dans la production dans les pays en développement, sachant qu'elles assurent environ deux tiers de la production alimentaire, occupent environ un tiers des emplois dans l'industrie manufacturière ainsi que 70 % des emplois dans les zones industrielles,

M.   soulignant que, si l'intégration au travers du commerce est créatrice d'opportunités, ces dernières profitent davantage aux personnes ayant accès aux capitaux productifs d'intérêts, aux infrastructures, à l'éducation, et que les populations pauvres vivant en milieu rural - en particulier les femmes - sont considérablement désavantagées en termes d'accès à l'éducation, laquelle constitue une des exigences fondamentales pour acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir tirer parti des possibilités offertes par le marché ainsi que de la demande croissante en main‑d'œuvre qualifiée,

COMMERCE ET DÉVELOPPEMENT

1.   considère qu'un système commercial ouvert, réglementé, non discriminatoire et équitable est indispensable à la promotion d'une croissance économique en faveur des populations pauvres, de l'emploi et d'un développement durable dans le monde;

2.   reconnaît que, sous l'angle du commerce, les questions suivantes sont sources de préoccupation pour les pays en développement:

      -     les barrières commerciales et les aides entraînant une distorsion des échanges, dans des domaines présentant un intérêt spécifique pour les pays en développement, tels que l'agriculture et les produits alimentaires, les textiles et les chaussures ainsi que les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre;

      -     les systèmes d'échanges préférentiels qui n'ont pas toujours donné des résultats significatifs pour les pays en développement, en raison d'une série de facteurs, notamment un accès au marché insuffisant, la fixation de conditions non commerciales, l'application de normes techniques et de mesures sanitaires et phytosanitaires, ainsi que de règles rigoureuses en ce qui concerne l'origine des produits, que des pays disposant d'une infrastructure scientifique et technologique relativement pauvre ont peine à respecter, et la complexité des documents et des procédures douaniers;

      -     les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), notamment le rapport entre ceux-ci et l'accès aux médicaments de base dans les pays en développement;

      -     l'inclusion des travailleurs migrant légalement dans les négociations sur les services;

      -     le transfert de connaissances et de technologies en vue de s'attaquer aux contraintes d'approvisionnement auxquelles doivent faire face les économies de ces pays et de promouvoir la transformation structurelle de celles-ci, ce qui devrait leur permettre de diversifier leur production et leurs exportations, soutenues par des perspectives de demande plus dynamiques, et de tirer le plus grand parti de leurs avantages comparés;

      -     la nécessité de cibler efficacement et de rendre transparentes les dispositions relatives au traitement spécifique et différencié des pays en développement;

      -     le manque de capacités dans le domaine des TIC, ce qui empêche les pays en développement de tirer pleinement parti des possibilités offertes par ces technologies en termes de commerce électronique, de marketing, etc.;

3.    se félicite de la nouvelle réglementation relative aux préférences tarifaires généralisées, en ce qui concerne notamment l'élargissement de la gamme des produits couverts, la plus grande simplicité et l'augmentation du nombre des préférences tarifaires, mais déplore l'extension des critères pour justifier un retrait temporaire et la mise en place d'exigences plus strictes, qui rendent désormais plus difficile, pour les pays en développement qui le souhaitent, l'accès aux préférences supplémentaires, en vertu des mesures d'incitation spéciales;

4.    préconise dans cet esprit le renforcement du traitement spécial et différencié de pays et de régions spécifiques pour mettre en valeur leurs exploitations rurales et PME afin que soient élaborés des produits à haute valeur ajoutée qui répondent aux besoins des marchés septentrionaux, traitement dont le bénéfice ne doit s'éteindre que lorsque des résultats effectifs ont été obtenus;

5.    souligne que le développement économique ne doit pas se faire dans le cadre d'une logique de laisser‑faire sur un marché ouvert et complètement libéralisé, de nombreux exemples ayant montré qu'un développement réussi repose sur la promotion de la production, de la transformation et des industries locales;

6.    considère que le secteur privé, socialement et écologiquement responsable, peut contribuer au développement durable, à la lutte contre la pauvreté; souligne également que les pays en voie développement ont la responsabilité d’adopter des règles appropriées pour protéger et développer leurs propres industries, et de procéder à des ouvertures sélectives des marchés en fonction de leur situation économique, sans pour autant compromettre le secteur privé local;

7.    relève les énormes écarts existant entre l'Union européenne et les pays en développement en termes de capacités humaines et institutionnelles, et estime que le renforcement des capacités et l'assistance technique doivent être des composantes essentielles de toute forme future de coopération au développement et économique, ainsi que de tout accord commercial conclu entre l'UE et les pays en développement;

8.    insiste pour que des politiques commerciales axées sur la réduction de la pauvreté, la promotion de l'emploi, la création de richesses et le développement général économique, social et culturel, aillent de pair avec des politiques de développement favorables à la création de capacités de distribution compétitives, afin de permettre aux pays en développement de tirer parti des possibilités offertes par le marché; estime que le renforcement des capacités doit être assorti de transferts de technologies, d'investissements, ainsi que de la mise en place de politiques nationales en faveur des populations pauvres (enseignement et soins de santé de base, création d'emplois, réformes agraires, émancipation des femmes, etc.);

9.    estime qu'il convient d'encourager des changements institutionnels en profondeur dans les pays en développement, notamment le développement des capacités pour atteindre les objectifs suivants: protection de la propriété et du droit de propriété, bon fonctionnement des juridictions, notamment pour les petites créances, et de l'accès à la justice, un réseau bancaire permettant l'ouverture de comptes bancaires et d'épargne pour les titulaires de petits comptes, responsabilisation des PME par la constitution facile de sociétés à responsabilité limitée ou de sociétés en commandite simple, fonctions de tenue de livres, d'audit et de comptabilité, disponibilité de pépinières d'entreprises ("incubateurs"), micro crédits, sociétés en participation, capital et emprunts de développement, établissement d'un secteur des technologies de l'information, centres de formation et écoles pour l'acquisition des connaissances informatiques de base et création de collèges techniques et d'écoles de commerce;

10.  demande aux États membres et à l'UE de confirmer leurs engagements pour accroître les fonds au titre de l'assistance technique et du renforcement des capacités (AT/RC) et pour assurer une meilleure visibilité et efficacité de l'AT/RC au commerce de l'UE;

11.  insiste pour qu'une politique commerciale globale et le renforcement des capacités œuvrent à l'émancipation des femmes, en supprimant les obstacles à l'accès à la terre, à l'eau, au crédit, aux marchés, à l'éducation et aux technologies de l'information, et en promouvant l'égalité des droits et l'élimination des discriminations salariales;

12.  demande que lorsque la mise en place de capacités institutionnelles est privilégiée, cela serve à accroître les ressources destinées au développement et ne dispense pas de les maintenir ni de les majorer;

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

13.  demande que l’accès à l’alimentation en quantité et en qualité suffisantes soit reconnu comme un droit humain fondamental pour les populations des pays en développement et lance un appel, à cet égard, à la mise en œuvre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en ce qui concerne le droit à l’alimentation et au bien être, et estime que les gouvernements nationaux ont le devoir de s’acquitter de cette obligation;

14.  estime que la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire doit s’attaquer aux causes structurelles génératrices de l’appauvrissement des populations dans les pays en voie développement et demande en conséquence: la promotion de l’accès à la terre, à l’eau et aux ressources de la biodiversité; la promotion d’une politique de soutien local aux petites exploitations agricoles durables; l’arrêt des subventions à l’exportation qui perturbent les marchés locaux et l’annulation de la dette qui absorbe plus de 40% du PNB des pays les moins avancés (PMA);

15.  invite les Nations unies à déclarer leau et la biodiversité biens publics mondiaux lors des Sommets de la FAO et celui sur Rio+10 de Johannesburg. Leau et les ressources génétiques doivent être gérées de façon durable, ne doivent pas être privatisées et doivent être déclarées Patrimoine commun de lHumanité et donc bien public mondial;

16.  demande de mettre fin à l’exportation des pesticides interdits au sein de l’Union européenne vers les pays en voie de développement, qui mettent en danger la santé des populations des PVD, polluent l’environnement, contaminent les nappes phréatiques et l’eau en général, compromettant ainsi le développement durable;

17.  demande que le degré élevé de sécurité alimentaire exigé pour  les consommateurs européens soit appliqué aux denrées alimentaires et à l'alimentation animale destinées à l'exportation vers les pays en voie de développement (viande de bœuf contaminée par l'ESB, poulet à la dioxine, etc.), et demande l'étiquetage des denrées alimentaires exportées hors de l'UE en vue d’informer les consommateurs des PVD;

DOHA

18.  prend acte qu'à Doha, les membres de l'OMC se sont engagés à une stratégie globale de développement des capacités liées aux échanges; estime que cet engagement pourrait permettre aux donateurs bilatéraux et multilatéraux de veiller à ce que l'accès au marché, l'aide technique liée aux échanges, la pratique du traitement spécial et différencié soient correctement intégrés à l'ensemble de la programmation de la coopération au développement et à l'aide technique actuelle et future de l'UE, en tant que points absolument prioritaires de l'ordre du jour;

19.  rappelle que Doha n'était que le début d'un processus de négociation portant à la fois sur un accroissement de la libéralisation des échanges et sur l'élaboration de nouvelles réglementations, processus qui s'étendra jusqu'en janvier 2005 et dont l'impact dépendra, par conséquent, des négociations à venir;

20.  estime que, pour résoudre les problèmes d’injustice sociale, de développement et d’environnement causés par la libéralisation effrénée des échanges commerciaux et les dérégulations, il est nécessaire d'entreprendre un bilan sérieux des accords de l’Uruguay Round et de leur mise en œuvre, comme cela a été promis aux pays en voie de développement à Marrakech;

21.  demande que les travaux de l'OMC soient étendus à l'environnement en tant qu'élément essentiel de la prise de décision en son sein;

22. note que la Déclaration de Doha prévoit des négociations globales sur l'agriculture visant à la réduction de toutes formes de subventions aux exportations, impliquant un engagement de l'UE à réduire ses subventions aux exportations, à condition que la politique de subventions pratiquée par d'autres soit également examinée (crédits à l'exportation, utilisation abusive de l'aide alimentaire, pratiques non transparentes en matière de fixation des prix par des organismes de commerce d'État); demande qu'à partir de 2004, un nouveau train de réformes soit lancé, dont la première étape serait la réduction de 50% en un an de toutes les subventions à l'exportation et la suppression, le plus tôt possible, de toutes les autres formes de subventions par l'UE et les États‑Unis;

23. déplore l'adoption, le 6 mai 2002, du projet de loi américain sur l'agriculture, par la Chambre des représentants, et estime qu'une telle loi pourrait déstabiliser l'accord agricole qui a été conclu à grand-peine lors de la réunion ministérielle de Doha; estime que cette décision ne doit pas empêcher l'UE de respecter l'engagement contracté à Doha d'éliminer progressivement toutes les formes de subventions à l'exportation et de mécanismes de soutien équivalant à une distorsion des échanges dans l'agriculture et insiste pour que les États‑Unis en fassent autant;

24. souligne que, dans certains pays en développement, les contrats de marchés publics restent l'un des seuls moyens d'orienter le développement économique en donnant la possibilité à l'industrie locale de s'épanouir; déplore que l'accord sur les mesures d'investissement liées au commerce (MIC) interdise totalement toute disposition législative, toute politique ou tout règlement administratif promouvant les produits nationaux, qui vont à l'encontre de l'intention déclarée de l'UE de contribuer au renforcement des capacités dans les pays en développement; relève que ladite interdiction englobe les mesures gouvernementales visant à encourager les entreprises à utiliser des produits nationaux de sorte à créer des emplois locaux ou protéger ceux existants; souligne que cette interdiction a de graves conséquences sur les politiques industrielles visant à appuyer le développement des capacités nationales, à garantir la fructification des investissements étrangers fournissant à la fois les marchés locaux et d'exportation, et à limiter les effets de la concurrence étrangère;

25. estime qu’il faut revoir les politiques communautaires, notamment en ce qui concerne la libéralisation du commerce, l’agriculture, la pêche, l’environnement et la santé publique, afin de mieux prendre en compte leur impact sur la pauvreté, la sécurité alimentaire, le développement durable et leurs relations;

26. souhaite que les règles commerciales soutiennent, au lieu de la saper, la mise en œuvre effective des objectifs environnementaux, sociaux et sanitaires; considère que le commerce doit promouvoir activement la production et le commerce des biens  et des services dans des conditions écologiques durables, grâce à des incitations directes et une aide technique et institutionnelle dans les pays en voie de développement;

27. note également que la déclaration de Doha fixe l'objectif d'élaborer un cadre multilatéral pour l'amélioration des conditions de l'investissement étranger direct et plus particulièrement des traités d’investissements bilatéraux dans le monde entier et prévoit que ce cadre comportera des dispositions relatives au développement des capacités dans les pays en développement, ainsi que le renforcement des politiques de substitution aux importations et des prescriptions relatives à la teneur en produits nationaux, le but étant d'encourager les partenariats entre investisseurs étrangers et fabricants locaux afin de produire des biens au niveau national plutôt que de les importer; estime que les négociations sur l'investissement étranger direct doivent se dérouler dans la plus grande transparence, en dialogue avec la société civile et les mouvements sociaux, et en associant également pleinement les institutions compétentes des Nations unies;

28. se félicite de la sensibilité dont fait preuve l'accord sur les services financiers, lequel ne contraint pas les pays à ouvrir totalement leur marché dès le départ, les autorisant ainsi à introduire des réserves spécifiques, ce qui permettra auxdits pays de mettre en place les infrastructures et les capacités locales appropriées afin d'entrer totalement en concurrence à un stade ultérieur; souligne, néanmoins, que l'accord "scelle" la libéralisation et l'accès au marché en interdisant l'adoption de nouvelles mesures protectionnistes;

29. demande aux États membres d'obliger les organismes nationaux d'aide aux exportations et aux investissements à l'étranger à ne financer que des projets pleinement respectueux des droits de l'homme, des minorités, de l'environnement, et en pleine cohérence avec les politiques de coopération au développement du pays concerné;

30. soutient la Déclaration ministérielle de Doha relative aux aspects commerciaux de l'Accord TRIPS sur la propriété intellectuelle et la santé publique, confirmant que l'Accord TRIPS peut et doit être interprété et mis en œuvre de façon à soutenir le droit des membres de l'OMC de protéger la santé publique; cette formule établit un équilibre entre les intérêts de l'industrie basée sur la recherche et les préoccupations des membres de l'OMC en matière de santé publique et montre que les droits liés à la propriété intellectuelle ne font pas obstacle à l'accès à la médecine et aux médicaments dans les pays en développement;

31. rappelle instamment que la question des pays en développement non producteurs de médicaments génériques n’est pas réglée par la déclaration ministérielle de Doha;

32. demande que soit réexaminé le lien entre l'Accord TRIPS et les accords globaux de protection de la biodiversité, étant entendu que le développement soutenable et les droits des consommateurs passent avant ceux de l'industrie et du commerce en matière d'accès à la médecine, de brevetabilité des formes de vie, de biotechnologie et de biodiversité, et que les droits des agriculteurs des pays en développement doivent eux aussi être sauvegardés;

33. invite l'Union européenne à soutenir les requêtes formulées par les gouvernements des pays en développement pour que toute modification de l'article 27, paragraphe 3, point b), de l'accord sur les ADPIC, garantisse les dispositions pertinentes de la Convention sur la diversité biologique et celles de l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques, estime que les modifications de l'accord sur les ADPIC devraient appuyer, et non annihiler, les efforts visant au non‑brevetage des organismes vivants et de leurs éléments constituants, et à la protection du droit des agriculteurs traditionnels d'utiliser, d'échanger et de conserver des semences, ainsi que des innovations mises au point par les communautés agricoles indigènes et locales;

34. note que la corruption et l'instabilité sont des questions globales qui appellent une approche globale afin d'empêcher que les problèmes ne se déplacent simplement sur le maillon le plus faible de la chaîne et se félicite de la Convention de l'OCDE sur le programme d'action visant à décourager la corruption dans les transactions d'octroi gouvernemental des crédits à l'exportation;

35. reconnaît que, plutôt que d'abaisser les normes en vue d'attirer les multinationales, les gouvernements des pays en développement devraient, en lieu et place, créer des infrastructures - institutionnelles, physiques et humaines - qui permettraient à des entreprises à fort contenu en connaissances d'exploiter leurs compétences en matière d'environnement et de développement durable;

36. demande que l'OMC aide les PMA à mettre en place des comités locaux pour évaluer eux-mêmes l'adéquation entre les règles commerciales et financières et leurs besoins réels, en regroupant entreprises et société civile, fonctionnaires et experts locaux formés;

37. demande aux pays membres de l'UE d'utiliser leur pouvoir au sein de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international afin que ces institutions renoncent à être associées à des programmes d'ajustement structurel et de financement de projets d'infrastructure et énergétiques de grande envergure, et de se concentrer, en lieu et place, sur le soutien, d'une part, au financement accru des services élémentaires de santé et d'éducation, ainsi que des besoins des microentreprises et des coopératives locales, et, d'autre part, au renforcement des capacités locales;

38. demande au Fonds monétaire international de renoncer à sa volonté acharnée, à présent discréditée, d'ouvrir les économies et leurs comptes de capital avant que leurs secteurs financiers, leurs institutions publiques, leurs industries et leurs sociétés civiques soient suffisamment forts pour faire face à la concurrence mondiale;

39. demande que soient redéfinis les critères régissant l'allégement de la dette pour les PMD en vue d'accorder la priorité au respect des exigences financières liées aux programmes nationaux d'éradication de la pauvreté, et de stipuler que seules les ressources nationales résiduelles peuvent être affectées au service de la dette et au remboursement des prêts;

COOPÉRATION RÉGIONALE

40. reconnaît pleinement le rôle joué par les accords commerciaux régionaux et sous-régionaux ainsi que par les zones de libre‑échange dans l'instauration d'un système commercial mondial plus équitable et dans la construction des infrastructures nécessaires dans la région considérée; soutient pleinement l'intégration régionale et sous-régionale au sein des pays en développement et demande à ceux‑ci de réduire les entraves commerciales existant entre eux;

41. estime, dans la mesure où le contexte régional stimulera la coopération politique et économique et fournira un cadre permettant d'atténuer les problèmes d'ajustement liés à la mondialisation, que l'encouragement de l'intégration régionale constitue un moyen d'intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale; estime également que l'intégration régionale devrait mettre l'accent moins sur la concurrence que sur la coopération, laquelle, au stade initial, est davantage propice au développement social et de la concurrence dans les économies les moins avancées;

42. présente sommairement ses principales priorités et préoccupations en ce qui concerne la conduite et l'issue des prochaines négociations sur les accords de partenariat économique avec les pays et les régions ACP, à savoir notamment:

      -     l'importance de mener de telles négociations de façon ouverte, transparente et inclusive,

      -     la nécessité de faire en sorte que la réduction de la pauvreté et la promotion d'un développement durable soient au centre des priorités,

      -     la nécessité de garantir que, en termes d'accès au marché, la situation d'aucun pays ACP ne soit pire que ce qu'elle est actuellement,

      -     la nécessité de s'attaquer aux contraintes liées à l'offre dans les pays ACP et de contribuer à la transformation structurelle de leurs économies,

      -     l'importance de prendre en considération les effets externes de la politique agricole commune,

      -     l'engagement des parties à respecter les droits de l'homme, la bonne gouvernance, l'État de droit et les principes démocratiques;

COMMERCE ET CONFLITS

43. reconnaît que, depuis la deuxième guerre mondiale, le commerce des armes de petit calibre est responsable de 90 % des décès liés aux conflits, et déplore que les régions dont les dépenses militaires ont enregistré la plus forte progression au cours des deux dernières années soient l'Afrique et le sud de l'Asie (augmentation, respectivement, de 37 % et 23 % en termes réels);

44. souligne que le système actuel de l'UE en matière de licences d'exportation d'armes et de produits connexes manque de clarté et de transparence;

45. invite les États membres, la Commission et le Conseil à prendre des mesures concrètes à l'égard des entreprises, intermédiaires et personnes physiques établis sur le territoire de l'UE qui sont impliqués dans le commerce illicite de diamants et l'exploitation des ressources en gaz, en pétrole et en or, et à faire en sorte que toute marchandise exportée au départ de l'UE ou, en vertu d'arrangements, par des intermédiaires établis dans l'Union européenne ou par des citoyens de l'UE qui exercent l'activité d'intermédiaire à l'étranger, à destination de forces militaires, de sécurité ou de police non européennes ou d'organes responsables de la fabrication d'armements, soit soumise à un contrôle de la licence d'exportation;

46. demande aux États membres, au Conseil et à la Commission d'élaborer une législation, dans le respect de la philosophie actuelle de l'UE, qui rende les entreprises établies dans l'UE, les intermédiaires et les personnes physiques associés à la production d'armes de petit calibre (pistolets, mitraillettes, mortiers, mines terrestres, grenades et missiles légers) juridiquement responsables de l'utilisation finale de tels produits. Ladite législation devrait être conçue de telle sorte qu'elle constitue une exigence pour l'adhésion des pays candidats;

47. demande au Conseil et à la Commission , en coopération avec les Nations unies, de fournir une assistance financière et technique aux pays en développement, de manière à rassembler et à éliminer les stocks d'armes excédentaires dans les communautés, à renforcer les contrôles sur les stocks d'armes et à éliminer les stocks d'armes excédentaires des gouvernements;

48. soutient que la réaffectation des budgets militaires et l'apport de structures alternatives en matière de sécurité sont les conditions sine qua non et la pierre angulaire d'un développement durable;

49. invite tous les États à mettre en œuvre le Programme d'action des Nations unies visant à prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects;

50. presse l'Union européenne d'ériger en délits la vente et l'importation de bois d'œuvre ou de ses produits obtenus de manière illicite, et demande aux gouvernements des États membres de l'UE de mettre en place une nouvelle législation qui interdise la vente et l'importation de bois d'œuvre acquis en violation des lois d'un autre État, ou une législation établissant des normes extérieures que les produits devraient respecter;

 

UNE NOUVELLE ARCHITECTURE ‑ "DÉVELOPPEMENT DE L'ENTREPRISE"

51. estime que la libéralisation accélérée des échanges a créé de nouveaux problèmes, notamment en ce qui concerne les questions relatives aux droits sociaux, à l’emploi, à l’environnement et à l’équilibre des pouvoirs entre les différentes organisations internationales; pour aborder ces problèmes, il convient d'intervenir afin de veiller à ce que les règles régissant les échanges et les règles concernant les droits sociaux, l'emploi, l'environnement, etc. soient compatibles et se renforcent réciproquement;

52. appelle l'UE à adopter les orientations de l'OCDE pour les sociétés multinationales, qui constituent une pierre angulaire des politiques futures de commerce et de développement;

53. souligne que de nouvelles propositions sont également nécessaires pour favoriser le placement éthique, le développement des entreprises, les investissements et une consommation socialement responsables, une politique de prix intégrant tous les coûts, l'estimation de la durée de vie des produits ainsi que tout autre moyen de promotion d'un développement humain durable;

54. souligne, en outre, que de telles propositions devraient profiter aux populations indigènes ainsi qu'à leurs communautés, reconnaissant l'importance du rôle joué par celles-ci en matière de développement durable, et compte tenu du fait que les entreprises multinationales opèrent souvent sur leurs territoires ancestraux;

55. invite les sociétés et actionnaires de sociétés entrant dans la catégorie des sociétés transnationales à mettre en place des comités d'éthique d'investissement, sur le modèle du comité d'audit et des comités de rémunération qui existent actuellement au sein de ces sociétés; demande que ces comités rendent compte au conseil d’administration, aux actionnaires et à toutes les parties directement concernées par les activités de la STN , de la mise en œuvre des orientations de l'OCDE pour les sociétés multinationales opérant dans les pays en développement;

56. demande que ces comités d'éthique d'investissement aient aussi pour mission d'identifier les projets de développement d'entreprises comme projets d'investissement de compensation que ces sociétés peuvent lancer dans chaque pays où elles opèrent en liaison avec les ONG et autres acteurs de la société civile, afin que ces projets soient axés sur le développement des capacités locales dans le domaine social, industriel et des services, permettant ainsi d’éradiquer la pauvreté, de promouvoir et d'assurer la sécurité alimentaire, la salubrité de l'eau, la santé publique et l'éducation, ainsi que l'égalité des genres;

57. estime fondamental le respect des droits sociaux essentiels ainsi que des conventions de base de l’Organisation internationale du travail (OIT), et souhaite, pour ce faire, que des pouvoirs accrus soient attribués à l’OIT de manière à mieux garantir le respect de ces normes, sans  exclure la possibilité pour OIT de proposer des sanctions;

58. invite les sociétés transnationales à adopter des règles de transparence par lesquelles les sociétés seraient tenues de faire rapport sur leurs activités d'investissement et l'impact de celles‑ci sur l'environnement, la société et le niveau de l'emploi dans chaque pays où elles opèrent, selon le concept avéré de "communication" (disclosure);

59. demande que les normes comptables internationales soient étendues sur le modèle de l'initiative "Global reporting", laquelle encourage une approche triple en ce qui concerne les rapports comptables et d'activités annuels des entreprises (prise en compte de critères économiques, sociaux et environnementaux);

60. encourage chaque société transnationale à affecter, comme investissement minimal, 0,7% au moins de son chiffre d'affaires brut, ou 5% maximum de son bénéfice net (chaque fois le chiffre le plus petit) à de nouveaux investissements, à titre de projets de compensation chaque année dans le pays où elle opère; souligne que ces investissements de compensation devraient être largement axés sur le développement des capacités dans le domaine social, pédagogique ou environnemental et être engagés conjointement ou individuellement avec des PME et des groupes industriels locaux;

61. se félicite de l’initiative "Global Compact" des Nations unies et invite à instituer un Forum européen des entreprises pour le développement durable, lequel se réunirait deux fois par an, par roulement, en des lieux correspondant à la présidence du Conseil de l'Union européenne;

62. demande que ce Forum européen des entreprises pour le développement durable associe les directeurs des comités d'éthique d'investissement des sociétés transnationales, des membres du Parlement européen, des membres des commissions des parlements nationaux compétentes pour les questions de commerce, de développement et de coopération ainsi que toutes les parties directement concernées par les activités des STN;

63. estime que ce Forum constituera l'épine dorsale d'une approche nouvelle du développement et de la coopération, complétant et appuyant les mécanismes et institutions existants et qu'il subsiste un besoin crucial d'aide accrue à mieux gérer;

64. demande que le nouveau mécanisme d'acheminement soit mis en place par le biais d'une procédure d'adjudication publique totalement transparente aux yeux de la communauté internationale, de la société civile et des pays hôtes, et ouverte aux ONG, aux consultants enregistrés et accrédités ainsi qu'aux divisions internes des sociétés transnationales elles‑mêmes; reconnaît que, en l'occurrence, la Commission aura un rôle à jouer s'agissant de l'audit, du suivi et du rapport;

65. reconnaît que l'acheminement de ces nouveaux fonds destinés à soutenir de nouveaux projets de développement d'entreprises devrait se faire en dehors des structures de développement et de coopération existantes, qui ont clairement montré leurs faiblesses;

66. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission , aux gouvernements et aux parlements des États membres, aux Nations unies, à l'Organisation mondiale du commerce, à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

 1. LA MONDIALISATION

"Au lieu de faire des milliards de laissés pour compte, la mondialisation doit devenir une force positive pour tous les peuples du monde: c'est là notre plus grand défi. Pour profiter à tout un chacun, elle doit certes s'appuyer sur les dynamiques du marché, mais elle doit aller bien au‑delà. Elle doit nous servir à bâtir ensemble un avenir meilleur pour l'humanité entière, dans toute sa diversité" (Rapport du Secrétaire général des Nations unies à l'Assemblée du Millénaire, avril 2000).

La mondialisation a enrichi notre planète sur le plan économique, social et culturel. Voici à peine quelques siècles, mises à part quelques rares poches où régnait l'abondance, le monde était dominé par la pauvreté et la misère. En contrôlant cette pénurie, la technologie moderne et les échanges économiques ont permis d'accomplir des progrès considérables. Au cours des cinquante dernières années, les échanges mondiaux se sont multipliés par dix‑neuf, la production mondiale a plus que quadruplé et le revenu par habitant dans le monde a doublé. Cependant, nous savons que les plus démunis ne partagent pas les bénéfices gigantesques de la technologie moderne, du commerce et des échanges internationaux.

Le rapport sur le développement humain de 2001 indique que 20% des pays les plus riches du monde représentent 86% du PNB mondial, 82% des exportations, 68% des investissements directs à l'étranger et 93% des utilisateurs d'Internet. Parmi les 175 pays énumérés, ceux qui figurent dans les 30 à 40 pays de tête sont les pays dits prospères, démocratiques et développés d'Europe, d'Amérique du Nord, ainsi que le Japon et l'Australie, rejoints par plusieurs autres comme Israël, Singapour, et, peut‑être, le Chili. Ces pays font partie du groupe des 64 pays que le rapport décrit comme possédant un "haut développement humain".

Les 60 pays suivants font partie de la catégorie "intermédiaire". Ce groupe doit faire face à des défis écologiques, démographiques, structurels et sociaux, mais possède des ressources en matière d'éducation et d'infrastructures, ainsi qu'un accès facile (bien qu'imprévisible) au marché des capitaux. Ce groupe comprend de petits pays comme le Costa Rica ou la Jamaïque , mais également de grands pays à forte démographie comme l'Inde, le Pakistan, le Brésil, le Mexique et l'Indonésie. Ces pays, associés à la Chine , représentent 60% environ de la population mondiale et l'avenir du monde dépendra largement de la manière dont ils répondront aux défis actuels.

Au bas de l'échelle du développement humain, on remarque 51 pays qui sont chroniquement des pays à faible revenu, principalement d'Afrique, mais également d'Asie et d'Amérique centrale. Ce sont les pauvres parmi les pauvres, incapables de se tirer d'affaire eux‑mêmes et ne bénéficiant pas des flux de capital international privé. Aujourd'hui, ces pays dépendent entièrement de l'aide extérieure pour survivre.

L'aide allouée par l'Union européenne, qui englobe le FED (Fonds européen de développement), est attribuée de la manière suivante: infrastructures sociales et services, y compris administration et société civile, santé publique et éducation: 22%; infrastructures économiques et services, y compris secteur des transports et du stockage, énergie et communications: 13%; secteur de la production, agriculture, sylviculture, pêche, secteur minier, construction, échanges et tourisme: 7%; aide multisectorielle, protection générale de l'environnement et rôle des femmes dans le développement: 8%; aide en produits de base et programmes généraux d'assistance, notamment ajustement structurel avec la Banque mondiale et le FMI, aide alimentaire au développement, sécurité alimentaire: 20%; mesures relatives à la gestion de la dette: 12%; aide d'urgence, y compris aide alimentaire d'urgence: 11%. Géographiquement, ces fonds sont attribués selon la répartition suivante: 52% pour les 77 pays ACP, 13% pour les pays méditerranéens et du Proche-Orient, 8% pour l'Asie, 4% pour l'Amérique latine, 11% pour les Balkans, 7% pour les pays de l'ex-Union soviétique et 5% pour les formes d'intervention multirégionales.

Une mondialisation qui ne ferait qu'augmenter les bénéfices des plus favorisés (optimalité de Pareto) est immorale, contraire à l'éthique. Il est établi que le plus grand bien pour le plus grand nombre (utilitarisme) ne peut s'obtenir simplement par une mondialisation à outrance; un système basé sur des règles doit nécessairement reposer sur un ensemble de normes éthiques favorisant l'égalité des chances et l'égalité des capacités pour tous; un tel système doit s'inspirer de la notion de "maximisation des avantages de la catégorie la plus défavorisée de la communauté globale" (Rawls) – faute de quoi, il n'aura pas le soutien de la communauté internationale dans son ensemble, y compris de la société civile.

2. LA MODIFICATION DES TERMES DU COMMERCE MONDIAL

L'UE est le premier bloc commercial du monde, avec 20% des échanges mondiaux de biens et de services, le premier exportateur mondial de marchandises: 760 milliards d'euros en 1999, soit près de 19% du total mondial, le premier exportateur mondial de services: 240 milliards d'euros en 1999, soit 26% du total mondial, et la première source mondiale d'investissements étrangers directs (298 milliards d'euros en 1999).

Les pays en développement représentent 42% des importations de l'UE ‑ en chiffres absolus: 432 milliards d'euros au total en l'an 2000. La part des pays en développement dans ces importations augmente plus vite que celle des pays développés, à un rythme de 15% par an depuis 1995 et qui double tous les dix ans. En 1999, l'UE était le premier importateur mondial de marchandises en provenance des pays les moins développés, qui exportaient dans la Communauté 55% de leurs marchandises, dont 97% en franchise.

La modification des termes des échanges mondiaux montre que:

        le commerce international a augmenté beaucoup plus vite que le PNB mondial au cours des deux dernières décennies, la haute technologie gagnant en importance relative et la part des produits agricoles et des matières premières allant en diminuant;

        la nature des activités de production s'est modifiée pour faciliter les chaînes d'approvisionnement global étroitement intégrées, avec cette conséquence que de plus en plus de pièces et de composantes produites dans les pays développés sont assemblées dans les pays en développement;

        les sociétés transnationales représentent une part croissante des échanges mondiaux: 70% actuellement et elles contrôlent le tiers de leur réseau spécifique;

        dans les pays développés occidentaux, la libéralisation du commerce, l'idéologie mercantiliste des États‑nations, il y a un siècle, ont fait apparaître, pendant et immédiatement après la Révolution industrielle, des conditions correspondant, dans ces États‑nations, au niveau extrême de pauvreté qui prévaut aujourd'hui dans les pays en développement et dans les pays les moins développés.

Dans les nations occidentales, des problèmes comme la disparité des conditions de vie, l'éradication de la pauvreté, le logement, l'accès à l'éducation, le bien-être des citoyens, au lendemain immédiat de la Révolution industrielle, ont été traités et surmontés par un "mixte législatif" en partenariat avec les grands créateurs de richesse de cette époque (l'équivalent à l'époque des sociétés transnationales), comme Andrew Carnegie, Andrew Mellon, Howard Pew, la famille Guggenheim, les Gettys (aux États‑Unis), Miss Octavia Hill, Sir Robert Hunter et Canon Hardwicke Rawnsley, George Peabody, George Cadbury à Birmingham, Titus Salt à Bradford et Lord Leverhulme on the Wirral (Royaume‑Uni), Wallenberg, Ferrero, Landolt, Kamprad, Wilsdorf, Persson et Amancio Gaona Ortega dans d'autres pays.

3. LES MODÈLES RÉUSSIS DE DÉVELOPPEMENT ET DE CROISSANCE

Trois modèles de développement distinct ont été suivis, en des périodes diverses, dans les pays en développement, avec des succès variables: la politique de substitution des importations, la politique de croissance par les exportations et la politique dite "à double piste".

La quasi‑totalité des cas les plus marquants, comme l'Extrême-Orient, la Chine et l'Inde depuis le début des années 1950, ont associé une ouverture partielle et progressive à l'importation, l'investissement étranger et l'extension des capacités nationales pour répondre à un marché interne et d'exportation en expansion.

Avant le premier choc pétrolier de 1973, pas moins de 42 pays en développement connaissaient une croissance de plus de 2,5% par habitant et par an, avec des revenus qui doublaient tous les 28 ans. Ces pays suivaient le modèle de la substitution aux importations et encourageaient la croissance en créant des marchés nationaux protégés, et donc bénéficiaires, pour les entreprises nationales qui augmentaient leurs capacités.

Contrairement à une idée répandue, la croissance générée par la politique de substitution des importations n'a pas entraîné de décalage technologique ni d'inefficacité macro‑économique. La productivité globale moyenne des facteurs (PGF), en croissance de 2,3%, était considérablement plus élevée qu'en Extrême-Orient (1,3%)! La liste fait apparaître douze pays d'Amérique du Sud, douze du Proche-Orient et d'Afrique du Nord, et même quinze pays de l'Afrique subsaharienne. En fait, pas moins de six États africains subsahariens figuraient avant 1973 parmi les vingt pays en développement à la croissance la plus rapide au monde: le Swaziland, le Botswana, la Côte d'Ivoire, le Lesotho, le Gabon et le Togo. Le Kenya était vingt-et-unième.

L'expérience des "tigres d'Extrême‑Orient" est souvent présentée comme l'exemple d'une croissance générée par l'exportation, par une industrialisation tournée vers l'extérieur, dans laquelle l'ouverture à l'économie mondiale a libéré un mouvement puissant de diversification industrielle et d'émulation technologique, mais votre rapporteur note que cette conception traditionnelle fait bon marché du rôle très actif joué par les gouvernements de Taïwan, de la Corée du Sud (et, avant eux, du Japon) dans la distribution des ressources. Dans aucun de ces pays, contrairement à ce qui passe aujourd'hui en Inde et en Chine, les importations n'avaient connu, dans la phase de démarrage de la croissance, une libéralisation marquée. La libéralisation de leurs échanges commerciaux a eu lieu essentiellement dans les années 1980, à un moment où une forte croissance était déjà solidement installée.

Un exemple moins connu de stratégie "à double piste" réussie est celle de l'île Maurice. Elle associe des stratégies à la fois orthodoxes et hétérodoxes. Une zone franche industrielle (FZI) s'inspirant du principe du libre-échange a permis un boom des exportations de vêtements sur les marchés européens, accompagné d'un boom des investissements à domicile. L'économie de l'île combinait le principe de la FZI et un secteur domestique solidement protégé jusque vers le milieu des années 1980. L'île Maurice est l'exemple type d'une économie qui a suivi une stratégie "à double piste" assez similaire à celle de la Chine. Cette stratégie économique a, à son tour, était étayée par des aménagements sociaux et politiques encourageant la participation, la représentation et la constitution d'associations.

Votre rapporteur signale que les pays en développement les plus riches, et ceux qui possèdent de solides bases et capacités en matière de savoir-faire et de compétences, comme la Chine , la plupart des pays du Sud-Est asiatique et certains pays d'Amérique latine, ont bénéficié du cycle de l'Uruguay et qu'en revanche les vrais perdants ont été les pays les moins développés (la plupart des pays africains - l'Afrique subsaharienne perdant environ 1,2 milliard de dollars US tous les ans...).

4.  LA NÉCESSITÉ D'UN COMMERCE MONDIAL RÉGULÉ POUR ÉPAULER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Dans tous les pays en développement, la réglementation économique est codifiée sous forme de règlements ou de lois et appliquée par le gouvernement national lorsqu'elle

       requiert la transparence financière des sociétés,

       régit la concurrence et empêche la constitution de monopoles,

       surveille les marchés financiers, les opérations d'initiés ou les ententes secrètes entre investisseurs,

       oblige les banques à se doter de réserves raisonnables et à observer l'équité dans leur politique de prêts et d'emprunts,

       prévoit la sécurité sociale obligatoire, le droit d'organisation des travailleurs, la non‑discrimination et une législation protégeant les conditions et les horaires de travail,

       protège le consommateur et garantit le respect de normes environnementales, et

       constitue le contrat social de base qui détermine la vie de tous les citoyens.

Il apparaît tout à fait raisonnable, dans un contexte de mondialisation des échanges, que ces mêmes règles s'appliquent de plus en plus au niveau international. Les économies de marché reposent sur une vaste gamme d'institutions hors marché qui remplissent des fonctions de régulation, de stabilisation et de légitimation. Les travaux d'économétrie réalisés au plan transnational montrent que la qualité des institutions publiques d'un pays est une composante importante, sinon essentielle, de son développement à long terme.

5. LE RÔLE DES SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES

Nous avons vu que les sociétés transnationales représentent à elles seules 70% des opérations commerciales multilatérales. Les ventes combinées des 200 premières transnationales mondiales dépassent largement le quart de l'activité économique mondiale, soit 28,3% du PNB mondial, et elles emploient directement 20 millions de personnes dans le monde entier. Ces ventes combinées sont supérieures aux économies combinées de tous les pays , à l'exception des neuf premiers, c'est-à-dire qu'elles dépassent les économies combinées de 182 pays. Les 200 premières sociétés représentent près de deux fois le poids économique des quatre cinquièmes les plus pauvres de l'humanité, mais n'ont aucun poids politique dans le partenariat de développement entre les hommes politiques de l'UE, la Commission et la société civile.

Selon les Nations unies, 85% environ du PNB mondial sont contrôlés par les 20% de l'humanité les plus riches; 15% seulement sont contrôlés par les 80% les plus pauvres. La partie la plus pauvre de l'humanité, représentant 4,5 milliards de personnes, ne représente que 3,9 trillions de dollars en termes d'activité économique, contre un revenu combiné de 7,1 trillions de dollars pour les 200 sociétés de tête. 63 000 transnationales environ et leurs succursales étrangères contrôlent les deux tiers du commerce global des biens, des services et des investissements, la triade (États-Unis, Union européenne et Japon) continuant de dominer l'investissement étranger direct intérieur (71%) et extérieur (82%).

En 2000, les investissements étrangers directs ont dépassé 1,1 trillion de dollars US, soit 14% de plus qu'en 1999. Ils ont donc doublé en l'espace de trois ans à peine. Les deux tiers environ de l'investissement étranger direct circulent dans les pays développés à environnement social comparable. La plupart des sociétés multinationales opèrent dans des secteurs basés sur la connaissance et, pour maximiser leurs avantages comparatifs, ont des intensités peu polluantes. Ce constat va à l'encontre de l'opinion communément répandue selon laquelle les transnationales favoriseraient globalement l'abaissement des normes et que leurs investissements entraîneraient, pour des raisons de concurrence, un abaissement des normes en matière d'environnement et de travail dans les pays en développement.

Étant donné la position dominante des transnationales dans les échanges mondiaux, il serait absurde que les gouvernements et les hommes politiques ignorent l'apport substantiel que représenteraient ces sociétés pour le développement des entreprises dans les pays en développement, en partenariat avec les entreprises locales, la société civile et la communauté internationale, de façon à mettre en place un NOUVEAU cadre de développement des entreprises dans l'économie globale. Ceci afin d'éradiquer la pauvreté, d'assurer la sécurité alimentaire et de promouvoir un développement durable.

Les orientations de l'OCDE pour les sociétés multinationales devraient faire partie intégrante des relations commerciales de l'UE: les entreprises devraient tenir pleinement compte des politiques établies dans les pays où elles opèrent et prendre en considération le point de vue des autres dépositaires et parties prenantes. À cet égard, les entreprises devraient

1.    contribuer au progrès économique, social et écologique dans une perspective de développement soutenable;

2.    respecter les droits humains des personnes affectées par leurs activités, en conformité avec les obligations et engagements internationaux du gouvernement hôte;

3.    encourager le développement des capacités locales par le biais d'une coopération étroite avec les communautés locales, y compris le monde des affaires, et développer les activités de l'entreprise sur les marchés nationaux et extérieurs, conformément au principe des bonnes pratiques commerciales;

4.    encourager la formation du capital humain, notamment en créant des emplois et en facilitant les filières de formation du personnel;

5.    s'abstenir de demander ou d'accepter des exemptions ou dérogations non envisagées par le cadre statutaire ou réglementaire en matière d'environnement, de santé publique, de sécurité, de relations du travail, de fiscalité, d'incitations financières, etc.;

6.    soutenir et observer les principes de la bonne gouvernance d'entreprise et développer et appliquer ces principes;

7.    développer et mettre en œuvre des pratiques effectives d'autorégulation et des systèmes de gestion propices à l'établissement d'une relation de confiance mutuelle entre le monde de l'entreprise et la société civile;

8.    promouvoir la sensibilisation du personnel et la politique de l'entreprise par une diffusion appropriée de cette politique, y compris par le biais de programmes de formation;